dimanche 20 octobre 2024

Septembre 1915

17 septembre 1915:

Le sous-lieutenant de la Tour arrive de la RGA sur le terrain de Lyon-Bron, il est envoyé en mission pour former l'escadrille. Il est soldé à partir du 17 septembre. Le 30 septembre, il part à Dugny chercher un appareil, avec lequel il capote lors du départ. Il est hospitalisé et est rayé des cadres le 1er octobre suivant.

21 septembre 1915:

  • Les personnels de la N 67:
    • Le capitaine de Villepin, pilote, arrive de l'escadrille C 47 pour former l'escadrille. Il est soldé à partir du 21 septembre.
    • Le 2e Cl Bero, ordonnance du capitaine de Villepin, arrive de la C 47. En solde du 25.
    • L'adjudant Verwicht, le maréchal des logis Thibaudet, pilotes, arrivent de la RGA le 21 septembre, soldés le 22.
    • Le caporal Richard, pilote, arrive de la RGA le 21 septembre, soldé le 25. 
    • Le 2e Cl Pillon Étienne, premier mécanicien du caporal Richard, arrive de la RGA le 21 septembre, soldé le 25.
    • Le 2e Cl Verwicht Henri, mitrailleur, arrive de la RGA le 21 septembre, soldé le 25.
    • Le 2e Cl Omer Robert, 1er mécanicien de l'adjudant Verwicht, arrive de la RGA, soldé le 25.

Note: 

Ces listes sont issues des Carnets de Comptabilité en Campagne (CCC) de l'escadrille. La majeure partie est accessible sur le site : Mémoire des Hommes.

https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

22 septembre 1915:

  • Les personnels de la N 67:
    • Le caporal Moulias, pilote, arrive de la RGA le 22 septembre, soldé le 25 septembre.
    • Le 2e Cl Fermy, 1er mécanicien du caporal Thibaudet,arrive,soldé le 23.
    • Le 2e Cl Marrec Louis, 1er mécanicien du sous-lieutenant Rougevin-Baville, soldé le 25.

23 septembre 1915:

L'escadrille quitte Lyon le 23 septembre 1915 au matin. Elle arrive et stationne à la Cheppe le 24 septembre au soir. 

https://www.anciens-aerodromes.com/?p=130649 

  • Arrivé du 2e Cl Ledoux, mécanicien de de Villepin, en provenance de la C 47, en solde du 25. 

24 septembre 1915:

  • Les Personnels de la N 67:
    • Le lieutenant Feugère des Forts, observateur, arrive de la RGA de Dugny le 24 septembre et est soldé le dit jour.
    • Le lieutenant Pacaud, le lieutenant Duchesne, le sous-lieutenant des Brunes, le sous-lieutenant Lerre, observateurs, arrivent de la RGA de Dugny le 24 septembre et sont soldés le dit jour.
    • Le lieutenant Gond, observateur, arrive également de la RGA ce 24 septembre. Payé de sa solde jusqu'au 30 septembre. En solde du 1er octobre.
    • Le sergent Balvy, fourrier, venu avec l'escadrille (2e Groupe d'Aviation) le 24 septembre, est soldé le 25.
    • Idem pour le sergent Michel, mécanicien.
    • Le caporal Mertz René, mécanicien,
    • le caporal Bernard Jean, de l’Ordinaire,
    • le caporal Waddington Paul, conducteur,
    • le caporal Baddolle Claude, mécanicien,
    • le caporal Flauraud Marcel, mécanicien,
    • le caporal Vergnieault Octave, conducteur,
    • le 1e classe Houel Jean-Baptiste, motocycliste, 
    • le 2e classe Sabathé Pierre, secrétaire, 
    • le 2e classe Trecchi Pierre, infirmier, 
    • le 2e classe Eyvrard Alphonse, conducteur, 
    • le 2e classe Maroger Albert, conducteur, 
    • le 2e classe Mouton Henry, conducteur,
    • le 2e classe Garnier Jean, conducteur,
    • le 2e classe Prin Georges, conducteur,
    • le 2e classe Godo Edmond, conducteur,
    • le 2e classe Heil Jacques, conducteur,
    • le maitre-ouvrier Lanctin Léon, conducteur,
    • le 2e classe Cerf René, divers,
    • le 2e classe de Vaëre Gaston, divers,
    • le 2e classe Amouroux Julien, conducteur,
    • le 2e classe Beau Jean, conducteur,
    • le 1e classe Pradel Marius, conducteur,
    • le 2e classe Girard Gaston, 2e mécanicien,
    • le 2e classe Le Guinio Auguste,
    • le 2e classe Gauchard Marius, 2e mécanicien du Ltt Derode,
    • le 2e classe Bayle Marcel, divers,
    • le 2e classe Deshayes Alfred, divers,
    • le 2e classe Jayol Jacques, tailleur,
    • le 2e classe Perrin Joseph, cordonnier,
    • le 2e classe Frayssignes Louis, cuisinier,
    • le 2e classe Petit Fernand, divers,
    • le 2e classe Foucoin Léon, ordonnance du Ltt Venson,
    • le 2e classe Prost Marcelin, divers,
    • le 2e classe Tissu Claude, divers,
    • le 2e classe Leyrat Louis, divers,
    • le 2e classe Chazal Albert, cuisinier,
    • le 2e classe Guichardon Jean, divers,
    • le 2e classe Charrière Elisée, divers,
    • le 2e classe Ruffin Alfred, ordonnance du Ltt des Brunes,
    • le 2e classe Cabour René, ordonnance,
    • le 2e classe Crevel Mery, ordonnance du Ltt Feugère des Forts,
Ils sont soldés le 25.
 
25 septembre 1915
  • Les Personnels de la N 67:
    • Arrivée du 2e Classe Beisser, 1er mécanicien, en solde du 26. Parti le 30 septembre à Dugny et rayé des contrôles le 1er octobre, il était le mécanicien du sous-lieutenant de la Tour.
    • Arrivée du 2e Classe Morelle Charles, ordonnance et du 1e Classe Mansuy, ordonnance du sous-lieutenant de la Tour, soldés le 26.
    • Arrivée de la RGA du 2e Classe Leupens, ordonnance, soldé le dit jour.
26 Septembre 1915:
  • Les Personnels de la N 67:
    • le 2e Classe Thomas Auguste, le 2e Classe Dufaux Joseph et le 2e Classe Guy Jules (divers), arrivent du 2e Groupe d'Aviation avec l'escadrille et sont affecté au Parc n°11. Passés à l'escadrille le 26.
    • Le 2e Classe Bouteau, ordonnance du lieutenant Duchesne,en solde le 27.
27 Septembre 1915: rien à signaler.

28 Septembre 1915: rien à signaler.

29 Septembre 1915:
  • Arrivée du 2e Classe Denis, ordonnance du lieutenant Ferru.
30 Septembre 1915:
  • Départ du 2e classe Beisser, mécanicien du lieutenant de la Tour, qui rejoint son officier à Dugny.






vendredi 11 octobre 2024

Février 1916

 

Nieuport 11 N.576 de Jean Navarre.


 1er Février 1916

  • Situation sans changement.
  • Mêmes ordres que pour le 31 janvier.
  • Exécution:Le mauvais temps a empêché toute sortie des avions.
    • 28e Cie d'aérostiers: brume, nuages bas. Pas d'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: brume épaisse. Ascension à 100m du Caporal Schlumberger et du Sous-lieutenant Hoppe de 14h50 à 16h25: exercice de transmission optique.
    • 52e Cie d'aérostiers: non disponible.
    • 59e Cie d'aérostiers: pluie et vent, pas d'ascension.
  • Au sol:
    • A compter de ce jour, la RFV, augmentée d'une part de la 29e DI et du secteur pour aller occuper d'Avocourt à Béthincourt, diminuée d'autre part du secteur qu'elle cède à la Ie Armée au bois des Paroches, passe du G.A.E dont elle constituait l'aile gauche au G.A.C dont elle va constituer l'aile droite, et au point de vu des Armées, de la DES de Saint-Mihiel à la DES de Bar-le-Duc, qui lui sera commune avec la IIIe Armée. A cette date qui marque une étape dans son histoire, la RFV, limitée ainsi qu'il a été indiqué plus haut (OP 90 du 24 janvier), présente un front de 106 kms, défendu par 44 bataillons actifs et 34 bataillons territoriaux. La 29e DI conservant purement et simplement le territoire qu'elle occupait dans la IIIe Armée est exclue de ce calcul. Les troupes qui, d'Avocourt exclu, aux Paroches inclus, occupent le front de la RFV, se décomposent ainsi qu'il suit:
        • d'Avocourt exclu à Béthincourt exclu: 29e DI, QG à Dombasle-en-Argonne,
        • de Béthincourt inclus au Longeau: 30e CA, QG à Béraux, avec 34 secteurs,
        • sous-secteurs de Béthincourt inclus à Ornes : 72e DI, QG à Bras,
        • sous-secteur d'Ornes exclu à Hennemont exclus: G.E.V (formation territoriale) QG à Eix,
        • sous-secteur d'Hennemont inclus au Longeau: 132e DI, QG à Déramé,
        • du Longeau aux Paroches: 2e CA,QG à Pierrefitte-sur-Aire avec 24 secteurs,
        • sous-secteur du Longeau au bois de Fays exclus: 3e DI, QG à Génicourt-sur-Meuse,
        • sous-secteur du bois de Fays inclus aux Paroches: 4e DI, QG à Noyon,
        • La 51e DI, QG à Verdun et la 67e DI, QG à Thillambois, sont en réserve.
    • 2e CA: journée calme sur le front du secteur.
    • 30e CA: aviation: réglage sur une batterie ennemie.(2)
    • 132e DI: les allemands bombardent les villages de la Wöevre et du pied des côtes en réponse à notre tir sur Conflans et St Maurice-près-des-côtes.
    • 72e DI: l'ennemi travaille activement sur le front. Tirs de notre artillerie sur les travailleurs ennemis.

Notes:

(1): le caporal Schlumberger: https://lestreilles.hypotheses.org/8855

(2): on note régulièrement des écarts dans les compte-rendus des missions, selon les commandements. Alors que la RFV signale aucune sortie des avions du fait de la météo, le JMO du 30e CA fait apparaitre une mission de réglage d'artillerie. A moins qu'il s'agisse de la mission, telle qu'elle était planifiée.

2 février 1916:

  • Situation sans changement.
  • Mêmes ordres que pour le 1er février.
  • Exécution :
    • C 18: une reconnaissance, deux vols d'entrainement,
    • MF 72: deux vols d’essai,
    • 28e Cie d'aérostiers: brume. 
      • Ascension de 9h00 à 10h05 à 600m par le Maréchal des Logis Ortigue. Au bout de 40m, l'observateur indisposé, demande à descendre.
      • Ascension de 10h35 à 15h20 à 600m par le caporal Gérard. La brume empêche toute observation.
    • 31e Cie d'aérostiers: nuages à 200m, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: exercice de transmission optique.
    • 59e Cie d'aérostiers: pluie, pas d'ascension.
  • Les personnels de la N 67:
    • arrivée du 2e cl Boyer Émile, 1er mécanicien,
    • arrivée du sergent Rousseau, pilote, venu du Bourget,
    • Capitaine de Villepin, retour de Cazaux,
    • 2e cl Béro Joseph, ordonnance, retour de Cazaux avec son officier
  • Au sol:rien à signaler (JMO RFV)

3 février 1916:

  • Situation sans changement.
  • Mêmes ordres que pour le 2 février.
  • Exécution:
    • N 67: un essai de reconnaissance, une patrouille de barrage, deux vols d'entrainement,
    • C 18: 4 essais de reconnaissance empêchés par les nuages, 2 vols de barrage,
    • C 11: une reconnaissance de secteur, un vol de prise de photo, 2 vols de protection, un réglage,
    • MF 63: 2 essais de reconnaissance empêchés par la brume, 
    • MF 72: 3 vols d’essai
    • 28e Cie d'aérostiers: vent violent et irrégulier. Ascension de 13h55 à 14h30 à 400m par le sergent-major Contentin. Ballon maintenu en arrière. Signalisation. Exercice de transport à bras par grand vent, après l'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: brume, vent de 18m, pas d'ascension, lancement de tracts par ballonnet,
    • 52e Cie d'aérostiers: 4 ascensions en cerf-volant de 12h30 à 16h15, repère un Drachen à la ferme de Sillon Fontaine.
    • 59e Cie d'aérostiers: pluie et vent violent, pas d'ascension.
  • Au sol
    • Nous faisons sauter une mine au bois des Chevaliers. Les deux artilleries montrent une assez grande activité, particulièrement dans les secteurs d'Haumont et de Champlon, aux Eparges et au bois des Chevaliers. Nos pièces bombardent Saint-Maurice-sous-les-côtes. (JMO RFV)

4 février 1916

  • Situation sans changement.
  • Mêmes ordres que pour le 3 février.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie.
    • 28e Cie d'aérostiers: Vent violent, brume. Lancement de tracts par ballonnets. Signale un Drachen allemand parti à la dérive direction nord, vers Pienne.
    • 31e Cie d'aérostiers: vent violent, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: essai de lancement de cerf-volant,
    • 59e Cie d'aérostiers: nuages bas, pas d'ascension.
  • Au sol: rien à signaler (JMO RFV)
Note: le JMO du 30e CA signale aussi le Drachen ayant rompu son amarre vers 9h00 et qui a été entrainé vers Joppécourt.

5 février 1916:

  • Situation sans changement.
  • Même missions générales de l'aviation.
  • Missions particulières:
    • N 67
      1. reconnaissance avec protection sur Billy-sur-Mangiennes (signaler les mouvements sur les routes Azannes/Mangiennes et Merles/Spincourt, la circulation sur les voies ferrées de la région Billy, Spincourt, Dommary-Baroncourt,
      2. protection des opérations de l'escadrille MF 63,
      3. vols de barrage sur travaux effectués au bois des Corbeaux, Brabant (après entente avec la C 18),
    • MF 63:
      1. photos de la pièce de Cummières et des travaux au nord de Brabant,
      2. photos Boinville, Darmont, Aucourt, Buzy, Saint-Jean-les-Buzy,
      3. photos région Parfonrupt, Villers-sous-Pareid, Pareid,
    • C 18:
      1. A la disposition du 30e CA,
      2. photographies des batteries allemandes reconnues occupées, dans son secteur et des pièces du bois d'Hennemont, d'Herbebois, d'Herméville, des Chambrettes, de Vacherauville, des Caurettes et de la pièce de Champlon,
      3. vols de barrage sur les travaux bois des Corbeaux/ Brabant,
    • C 11:
      1. à la disposition du 2e CA et reconnaissance sur Vigneulles, matériel en gare, circulation sur voie ferrée Vigneulles/Chambley, mouvements sur routes et importance des parcs et cantonnements dans la région Vigneulles/Creuë/Chaillon/Varvinay,
      2. photos des batteries ennemies reconnues occupées dans son secteur et des pièces de Woimbey, Ranzières, Calonne et Camp-Romain.
    • 28e Cie d'aérostiers: nuages bas. Ascension de 12h45 à 14h00 à 600m par le maréchal des logis Gireaud: mauvaise visibilité, essai de participation à la manœuvre d'artillerie lourde. Ballon maintenu en arrière.
    • 31e Cie d'aérostiers: mauvais temps, dégonflement du ballon, 
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: brume et vent. Ascension de 13h30 à 16h00 à 600m par le lieutenant M.Girard et le maréchal des logis Mallet. Surveillance du secteur, première ascension.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie des avions.
  • Au sol: nous faisons exploser aux Eparges, un fourneau de mine, en "E": le fourneau produit un entonnoir dont nous occupons la lèvre nord à une dizaine de mètres en avant de nos tranchées. Deux postes de grenadiers y sont de suite installés, tandis que l'organisation s'en poursuit activement. L'explosion a été suivie d'un tir de notre artillerie sur les tranchées allemandes en avant de l'entonnoir: 190 obus de 75, 80 et 90, 75 Aasen, 42 bombes de 58 sont lancées tandis que deux batteries ennemies en action sur les Eparges sont énergiquement prises à partie et forcées de cesser leurs tirs. L'ennemi réagit sur le rebord du point X, le point C et le ravin de la mort (JMO RFV)
Note: le JMO du 2e CA précise que l'aviation est assez active (alors que celui de la RFV précise que la météo a empêché toute sortie coté français). Celui du 30e CA relate que artillerie allemande est active sur Dieppe, ou elle tente de détruite la station contre avion et fait part de la notification aux Divisions d'Infanterie, à l'escadrille C 18, aux Cies d'aérostiers et artillerie de la note 4593 de la RFV au sujet des exercices de liaison par avions et ballons avec l'infanterie et le commandement.

6 février 1916:

  • Mêmes ordres que pour le 5 février,
  • Sur ordre, escadrille MF 63, mission de première urgence, photographies de Cuisy, route de Montfaucon/Cuisy, bois de Cuisy.
  • Exécution:  
    • N 67: une reconnaissance sur Mangiennes, 3 vols de protection de MF, 3 vols de barrage, 4 combats aériens,
    • MF 63: 3 reconnaissances, prises de photo, 2 vols de protection, 2 combats aériens. Sous-Lieutenant Dagnaux, observateur, adjudant Loviconi, pilote. Attaqués par Fokker. Slt Dagnaux blessé de deux balles de mitrailleuse, appareil atteint de plusieurs balles. Le pilote doit atterrir dans nos lignes,
    • C 18: 4 reconnaissances, prises de photo. Un réglage, 3 vols de barrage, 4 combats aériens. Les avions ennemis piquent dans leurs lignes. 2 exercices de liaison par projecteur et fusées,
    • C 11: 3 reconnaissances, prises de photo. 3 réglages, 3 patrouilles de chasse, 2 combats aériens,
    • MF 72: une reconnaissance,
    • 28e Cie d'aérostiers: brume et vent. 
      • Ascension de 9h20 à 11h45 à 600m du caporal Gérard: signale un Drachen en ascension, 
      • Ascension de 11h55 à 15h40 à 600m du Sergent-Major Contentin: signalé deux Drachen, exercice de signalisation avec Chevert
    • 31e Cie d'aérostiers: transport de la Cie à Courouvre,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: brume, vent. Ascension de 12h à 15h15 à 840m par l'adjudant Carizy: reconnaissance du secteur.
  • Au sol: rien à signaler.
    • Le JMO du 30e CA précise une grande activité des deux aviations adverses. L'escadrille C 18 exécute un réglage sur la gare de Drillancourt et opère diverses reconnaissances. Trois patrouilles de chasse ont livré des combats à des Aviatik.
    • Le JMO du DS signale de nombreux avions ennemis survolent nos positions. Ils sont canonnés par nos stations et pris en chasse par nos appareils. Un de nos avions de l'escadrille 37 de Sainte-Ménéhould, dont l'observateur a été grièvement blessé par une balle de mitrailleuse dans les reins, a du atterrir en avant du Mort-Homme en vue de l'ennemi qui a fait sur lui un tir de réglage sans lui causer de dégâts importants. L'appareil ennemi qui avait qui avait accepté la lutte parait avoir été touché également: il a piqué subitement vers la terre un peu avant l'avion français et semble être tombé dans la direction de Drillancourt. Un réglage par avion a été fait sur la gare de Drillancourt : le tir d’efficacité a du être interrompu, l'avion ayant été forcé d'atterrir.
    • Celui du 2e CA, signale une journée très calme avec une aviation assez active. 
    • Le 327e RI, dans le secteur Samogneux, Haumont, travaillant à l'établissement des réseaux de fil de fer, des tranchées flanquantes et au transport de fil de fer et piquets, rend compte que la travail du 5e bataillon est gêné par les avions ennemis. 
    • Le 29e RIT, dans le secteur de Louvemont, Beaumont-en-Verdunois, rend compte que dès le matin, des aéros allemands (au moins 3) survolent nos lignes pendant 3 heures, violemment bombardés par notre artillerie. Nos aéros leur donnent la chasse après un court combat sans avantage marqué, les appareils allemands se retirent. 
    • Le JMO de la 132e DI, rend compte que dans le secteur Ville-en-Woëvre/ Fresnes-en-Woëvre (108e Brigade), d'une journée calme hormis que plusieurs avions ont survolés les lignes entre 8h30 et 16h00. 37 obus de 150 sur Bouillon, Pré-Bois dans les environs des batteries du 57e vers 12h00. Le tir prévu sur la pièce de 150 avec le concours du 2e CA n'a pu avoir lieu le 6 février, les reconnaissances d'avions n'ayant pas donné de renseignement assez précis en temps utiles. La batterie a cependant pu être reconnue par un avion du 2e CA. Plusieurs tirs ont été exécutés sur les avions ennemis.

Note: la pression allemande augmente sensiblement et l’aviation cherche manifestement à bloquer les reconnaissances françaises. Hormis la MF 72 arrivée récemment, les quatre escadrilles livrent combat. La page d'Albin Denis sur la MF 63, ainsi que l'ouvrage "The French Air Service War Chronology" font ressortir une victoire pour un équipage de cette escadrille sur un Albatros, qui pique désemparé, vers ses lignes.

Missions planifiées et réalisées du 6 février 1916.

Note : les objectifs planifiés des missions des C 11 et C 18 ne sont pas précisés hormis un réglage de tir d'artillerie sur la gare de Drillancourt pour la C 18 dans le JMO du 30e CA. Le JMO du 2e CA relate que l'aviation est assez active.

7 février 1916:

  • Même situation,
  • Mêmes missions générales,
    • N 67:
      1. reconnaissance sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles. Mouvements sur les routes Montfaucon/Cierges, Montfaucon/Cunel, Nantillois/Brieulles. Reconnaissance des parcs et cantonnements de la région, matériels en gare de Brieulles
      2. protection des reconnaissances photographiques de l'escadrille MF 63,
      3. vols de barrage Béthincourt/Brabant jusqu'à 12 heures.
    • MF 63:
      1. photos des lignes allemandes Cuisy, bois de Cuisy, bois de Malancourt et en particulier les travaux exécutés sur la route Montfaucon/Malancourt,
      2. photos des travaux du bois de Moirey, du bois de Saulx et du sud de Flabas,
    • MF 72:
      1. A la disposition de la 29e DI.
    • C 18:
      1. A la disposition du 30e CA: 5 vols de protection et de barrage,
      2. photos des batteries ennemies et en particulier des emplacements signalés à Gercourt,
      3. vols de barrage sur Béthincourt/Brabant à partir de 12h.
    • C 11:
      1. A la disposition du 2e CA,
      2. Surveillance de la région Lavignéville, Chaillon, Creuë et photos de travaux nouveaux et de batteries.
  • Suite aux ordres:
    • N 67: mission de première urgence: établir barrage ce matin sur la ligne Troyon/Ambly/Génicourt avec deux avions de 9h30 à 11h30, deux avions de la C 11 opérant en même temps.
    • C 11: même mission, deux avions N 67 opérant en même temps.
  • Exécution: temps nuageux
    • N 67: 3 patrouilles de chasse,
    • MF 63: 2 vols de barrage, 
    • C 18: 5 vols de barrage,
    • MF 72: 2 vols de barrage, 
    • 28e Cie d'aérostiers: vent violent et irrégulier, pas d'ascension,
    • 31e Cie d'aérostiers: neige et vent, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible, 
    • 59e Cie d'aérostiers: vent violent, nuages bas, pas d'ascension.
  • En vol:
    • la MF 25 qui opère depuis le terrain de Brabant-le-Roi, lâche 18 obus sur Nantillois.
  • Au sol:  
    • on signale une assez vive activité réciproque d'échange de bombes aux Eparges. L'ennemi bombarde violemment Herméville dans l'après-midi. Un déserteur signale avoir vu à Septsarges le 5 février, 10 à 12 tracteurs qui transportaient des pièces de 305, auraient pris la direction de Gercourt. A noter que l'aviation signale aujourd'hui, à 700m environ de Gercourt, 6 emplacements semblant destinés à de grosses pièces.
    • JMO 132e DI: les avions n'ont pas pu être utilisés en raison de la faible hauteur des nuages.
    • JMO du DS: l'avion qui avait atterri au Mort-Homme a pu être enlevé sans incident dans la nuit du 6 au 7.
Notele JMO RFV confirme grâce aux témoignages de déserteurs, l'arrivée importante de nouvelles troupes allemandes, ainsi que l'installation de nombreuses pièces d'artilleries de gros calibre, dont deux pièces de 420mm installées à l’ouest de Romagne.


Les missions planifiées se transforment en missions de barrages.

8 février 1916:

  • Situation: des régiments nouveaux sont signalés dans la région de Montfaucon, ainsi que dans la région de Romagne-sous-les-côtes, ou se trouveraient en outre, de nombreuses pièces de gros calibre.
  • Missions générales de l'aviation:
    1. reconnaissance détaillée de la région Montfaucon/Cierges/Nantillois et de la région Romagne-sous-les-côtes/Azannes,
    2. Surveillance des travaux ennemis en particulier les travaux de 1e ligne et des abris nouveaux,
    3. Reconnaitre s'il y'a augmentation d'artillerie en particulier entre Montfaucon et la forêt de Spincourt.
  • Missions particulières:
    • N 67:
      1. Reconnaissance sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles. Mouvements sur les routes Montfaucon/Cierges, Montfaucon/Cunel, Nantillois/Brieulles. Reconnaissance des parcs et cantonnements de la région, matériels en gare de Nantillois,
      2. Reconnaissance sur Azannes et Romagne-sous-les-côtes, forêt de Mangiennes. Mouvements sur les routes Azannes/Mangiennes/Romagne-sous-les-côtes/Damvillers. Travaux et emplacements artillerie dans la région de Romagne, importance des convois, parcs et cantonnements,
      3. Protection des missions photographiques de l'escadrille MF 63,
      4. Vols de barrage sur Béthincourt/Brabant jusqu'à 12h.
    • MF 63:
      1. Photographies des lignes allemandes Cuisy/bois de Cuisy/bois de Malancourt et en particulier les travaux exécutés sur la route Montfaucon/Malancourt,
      2. Photographies des travaux du bois de Moirey, du bois de Saulx et du sud de Flabas.
    • MF 72:
      1. A la disposition de la 29e DI.
    • C 18:
      1. Photos des emplacements signalés à Gercourt et des batteries de la région de Romagne,
      2. Barrage Béthincourt/Brabant jusqu'à 12h,
      3. A la disposition du 30e CA.
    • C 11:
      1. Surveillance de la région Lavignéville/Chaillon/Creuë/Vigneulles. Photos des batteries et des travaux,
      2. A la disposition du 2e CA.
  • Exécution: vent et nuages bas
    • C 11: vol d'essai, lancements de tracts,
    • 28e Cie d'aérostiers: nuages bas
      • ascension de 16h40 à 17h20 à 150m par Maréchal des Logis Gireaud. Le ballon est maintenu en arrière. Exercice de signalisation avec Chevert,
    • 31e Cie d'aérostiers: neige et vent, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: vent et nuages bas, pas d'ascension.
  • Au sol: dans le bois Bouchot, notre artillerie de tranchée bouleverse un blockhaus ennemi.

9 Février 1916:

  • Même situation,
  • Mêmes missions générales de l'aviation.
    • N 67:
      1. Reconnaissance sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles. Mouvements sur les routes Montfaucon/Cierges, Montfaucon/Cunel, Nantillois/Brieulles. Reconnaissance des parcs et cantonnements de la région, matériels en gare de Nantillois,
      2. Protection par deux avions de chasse des reconnaissances de l'escadrille MF 63,
      3. Vols de barrage sur Béthincourt/Brabant jusqu'à 12h.
    • MF 63:
      1. Photographies des lignes allemandes Cuisy/bois de Cuisy/bois de Malancourt et en particulier les travaux exécutés sur la route Montfaucon/Malancourt (chacune de ces reconnaissances sera protégée par 2 avions Nieuport),
      2. Photographies des travaux du bois de Moirey, du bois de Saulx et du sud de Flabas.
    • MF 72:
      1. A la disposition de la 29e DI.
    • C 18 et C 11: mêmes ordres que pour le 8 février. 
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie. 
    • 28e Cie d'aérostiers: nuages très bas et neige. Pas d'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie et vent, gonflement du ballon,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: neige. Pas d'ascension.
  • Au sol: deux déserteurs lorrains confirment la présence de nouveaux régiments d'infanterie et confirment l'installation d'artillerie lourde dans les environs de Romagne. Ils ajoutent que les hôpitaux et les ambulances ont été évacués il y'a 15 jours. Ils précisent que lors de la visite du Kronprinz des travaux dans la région de Romagne, celui-ci aurait dit aux troupes:" mes amis, il nous faut prendre Verdun. Il faut qu'à la fin février, tout soit terminé. L'empereur viendra passer une grande revue sur la place d'armes de Verdun et la paix sera signée". (JMO RFV)

10 Février 1916:

  • Mêmes ordres que pour le 9 Février.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie. 
    • 28e Cie d'aérostiers: nuages très bas et neige. Préparatifs de départ, le ballon est dégonflé.
    • 31e Cie d'aérostiers: mauvais temps, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: neige, nuages bas. Pas d'ascension.
  • Les personnels de la N 67:
    • 2e cl Roux Auguste, 2e mécanicien, rentré de Cazaux,
  • Au sol: l'artillerie allemande se montre très active au bois des Chevaliers, dans la Selouze, dans les régions des Paroches et de Lacroix. Au bois des Chevaliers, l'ennemi a fait jouer un camouflet, sans nous causer ni perte, ni dommage. Un déserteur du 132e IR recueilli le 7 à Cuisy confirme un renforcement considérable de l'artillerie. L'ennemi chercherait à enlever le point 351 à l'ouest de façon à pouvoir plus facilement tirer sur le fort de Douaumont. L'action devrait se déclencher le 10. Le trommelfeuer devrait être exécuté pendant un temps très court.(JMO RFV)

11 Février 1916:

  • Mêmes ordres que pour le 10 Février.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie. 
    • 28e Cie d'aérostiers: nuages bas et neige. Gonflement d'un nouveau ballon. Pas d'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie toute la journée, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: neige, pas d'ascension.
  • Les personnels de la N 67:
    • arrivée du 2e cl Vilbois Jean, ordonnance du capitaine de Saint-Sauveur.
  • Au sol: Le télégramme 6885, le général commandant le GAC, précise que des ordres ont été donnés pour l'envoi dans la RFV, au premier moment possible, de l'escadrille d'avions N 23, actuellement à Lunéville. Nous exécutons un tir de concentration sur le bois Bouchot ou nous bouleversons plusieurs travaux importants de l'ennemi. Celui-ci réagit faiblement. A 20h, nous faisons exploser un fourneau aux Eparges, en K. Le côté nord de l'entonnoir est immédiatement mis en état de défense et des pistes de grenadiers établies aux extrémités du grand axe. (JMO RFV)

12 Février 1916:

  • Mêmes ordres que pour le 11 Février.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie. 
    • 28e Cie d'aérostiers: brume intense. Essai d'ascension pour réglage du ballon.
    • 31e Cie d'aérostiers: brouillard et pluie, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: pluie, pas d'ascension.
  • Au sol: les rapports du poste spécial du bois des Caures ont permis de connaitre et d'étouffer une tentative d'attaque de l'ennemi sur cette partie de notre front. Notre artillerie exécute un tir de concentration sur les tranchées ennemies du bois de Ville-devant-Chaumont et du Cap de Bonne-Espérance. Un déserteur lorrain précise que les permissions sont suspendues depuis une dizaine de jours. Les allemands font quelques brèches dans leurs réseaux du Cap de Bonne-Espérance et à l'Est de Fromezey. Notre artillerie règle son tir sur ces brèches. Elle exécute d'autre part, des tirs sur les installations allemandes du bois de Ville-devant-Chaumont et du Cap de Bonne-Espérance. L'ennemi riposte en bombardant Fromezey et les Hautes-Chassières. En général, nous tirons sur toute la ligne. Notre artillerie de campagne du Mort-Homme, du bois des Corbeaux et de la côte 225 exécute un tir sur les travailleurs ennemis signalés au nord de Forges. A la neige tombée toute la journée d'hier, succède aujourd'hui une pluie glacée, le vent souffle du nord-ouest, le sol est couvert de boue. (JMO RFV)

13 Février 1916:

  • Mêmes ordres que pour le 12 Février.
  • Exécution: vent et nuages bas. 
    • C 18: deux essais de reconnaissance arrêtés par la pluie,
    • MF 72: deux vols d'essai de TSF,
    • 28e Cie d'aérostiers: nuages bas et brume, pas d'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: brume épaisse, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiersJMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: pluie, pas d'ascension.
  • Au sol:
 14 février 1916
  • Situation et missions générales de l'aviation:
    • une attaque ennemie étant possible dans la région Béthincourt/Flabas/Ville-devant-Chaumont/Ornes, l'aviation reconnaitra tous les travaux nouveaux de cette région, en 1e et 2e ligne ainsi que les positions de batteries dans la région de Romagne et de Gercourt.
  • Missions particulières
    • N 67
      1. Reconnaissance sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles. Mouvements sur les routes Montfaucon/Cierges, Montfaucon/Cunel, Nantillois/Brieulles. Reconnaissance des parcs et cantonnements de la région, matériels en gare de Nantillois,
      2. Protection par deux avions de chasse des reconnaissances de l'escadrille MF 63,
      3. Barrage par avions disponibles sur le front Béthincourt/Grémilly,
    • MF 63:
      1. Photographies des lignes allemandes Cuisy/bois de Cuisy/bois de Malancourt et en particulier les travaux exécutés sur la route Montfaucon/Malancourt (chacune de ces reconnaissances sera protégée par 2 avions de l'escadrille N 67),
      2. Photographies des travaux du bois de Moirey, du bois de Saulx et du sud de Flabas.
      3. Deux avions munis de TSF à la disposition du commandement de l'escadrille MF 72.
    • MF 72: complétée par deux avions de la MF 63 munis de TSF.
      1. A la disposition du général commandant le 7e CA pour travailler sur le front Forges/bois de Malancourt (29e et 67e DI).(1)
(1): le JMO du 7e CA fait apparaitre en effet que la MF 72 est mise à sa disposition pour travailler sur le front Forges/bois de Malancourt. Il n'en est plus question par la suite ... 
    • C 18:
      1. A la disposition du 30e CA,
      2. Photographies des batteries de Romagne à la ferme de Marveaux.
    • C 11:
      1. Photos des abris du bois de Saulx, de Flabas, de Ville-devant-Chaumont, Cap de Bonne-Espérance,
      2. A la disposition du 2e CA et reconnaissance de la région Lavignéville/Chaillon/Creuë/Vigneulles.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie.
    • 28e Cie d'aérostiers: vent violent, nuages bas. Pas d'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie et vent toute la journée, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: vent et pluie. Pas d'ascension.
  • Au sol: le télégramme n°9213 de la Commission Spéciale de Bellegarde adressé à l’état-major de la RFV, synthétise les positions de l'artillerie allemande et considère que des troupes comprenant au moins 150 000 hommes dont la 10e DR et le XVe CA sont en réserve à Metz et ses environs. Attaque probable ligne Azannes/Gremilly/Ville-devant-Chaumont. (JMO RFV)
 
15 février 1916
  • Néant
    • 28e Cie d'aérostiers: vent violent. Pas d'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie et vent violent toute la journée, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: JMO non disponible,
    • 59e Cie d'aérostiers: vent violent. Pas d'ascension.
  • Au sol: le général commandant le GAC fait connaitre qu'il faut réduire au minimum l'occupation de la 1e ligne avancée pour limiter les pertes. Les forces supplémentaires reçues par la RFV ne doivent pas entrainer une augmentation dans l'effectif des défenseurs de la 1e position. Il faut au contraire réduire toute occupation de la 1e position qui paraitrait le sacrifice minimum qu'il faut consentir. Aucune action importante n'est signalée sur le front.(JMO RMV). Sur le front du 2e CA, au nord de Saint-Mihiel, les allemands ont lâchés sur la Meuse, quatre mines flottantes chargées de 10 et 50 kgs d'explosif, elles ont été arrêtées vers Maizey.(JMO 2e CA)
 
16 février 1916
  • Même situation et mêmes missions générales de l'aviation.
    • N 67:
      1. Reconnaissance sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles. Mouvements sur les routes Montfaucon/Cierges, Montfaucon/Cunel, Nantillois/Brieulles. Reconnaissance des parcs et cantonnements de la région, matériels en gare de Nantillois et de Brieulles,
      2. Une reconnaissance double sur Spincourt. Mouvements sur route Spincourt/Étain et mouvements dans la région Loison/Senon/Amel ou un Corps d'Armée est signalé.
      3. Protection de la reconnaissance de la MF 63 par un avion.
      4. Barrage par avions disponibles sur le front Béthincourt/Grémilly.
    • MF 63:
      1. Photographies des travaux du bois de Moirey, du bois de Saulx et du sud de Flabas (protégé par un 130HP et un Nieuport N 67),
      2. Deux avions munis de TSF à la disposition du commandement de l'escadrille MF 72.
    • MF 72: complétée par deux avions de la MF 63 munis de TSF.
      1. A la disposition du général commandant le 7e CA pour travailler sur le front Forges/bois de Malancourt (29e et 67e DI).
    • C 18
      1. A la disposition du 30e CA de la Meuse au ruisseau de Tavannes,
      2. Photographies des batteries de Romagne à la ferme de Marveaux. 
    • C 11:
      1. Photos des abris du bois de Saulx, de Flabas, de Ville-devant-Chaumont, Cap de Bonne-Espérance,
      2. A la disposition du 2e CA et de la 132e DI, du ruisseau de Tavannes à la limite sud de la RFV. 
    • N 23: l'escadrille arrive sur le terrain de Verdun.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie.
    • 28e Cie d'aérostiers: vent violent. Pas d'ascension.
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie et vent violent, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: tempête et pluie ne permettant de faire des ascensions,
    • 59e Cie d'aérostiers: vent violent et pluie. Pas d'ascension.
  • Au sol: deux déserteurs alsaciens ont recueilli de divers côtés, des bruits sur l'attaque. Un bombardement de 30h aurait lieu, coupé de deux poses, sur les Hautes-Charrières et Fromezey (5000 coups seraient assurés par pièce). Le 172e aurait pour mission de s'emparer de Fromezey, de la coupe et du bois des Hautes-Charrières. Le mauvais actuel retarderait le déclenchement de l'attaque. Deux déserteurs polonais confirment les projets d'attaque. Le but serait de cerner Verdun entièrement. (JMO RMV)
Note:  
l'escadrille N 23 occupait le terrain de Somme-Vesle au 1er janvier 1916 depuis le 22 aout 1915, au profit de la 2e Armée, et ce jusqu'au 5 janvier. Le 29 janvier elle se trouve sur le terrain de la Cheppe, le 2 février elle est déclarée "en déplacement", et le 3 février sur le terrain de Lunéville au profit de la DAL. Le 6 février, elle stationne sur le terrain de Manoncourt-en-Vermois, pour finir d'arriver ce 16 février à Verdun au profit de la RFV. (CCC N 23)

17 février 1916:
  • Mêmes ordres.
  • Exécution: Vent et nuages bas.
    • N 67: un vol de chasse au-dessus de Verdun.
    • C 18: 2 essais de reconnaissance empêchés par la pluie (1),
    • C 11: une reconnaissance prise de photo
    • 28e Cie d'aérostiers: vent violent. Pas d'ascension. Lancement de tracts par ballonnets,
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie et vent violent, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: vent violent et pluie, pas d'ascension,
    • 59e Cie d'aérostiers: vent violent. Pas d'ascension.
  • Les personnels de la N 67:
    • arrivée du 2e cl Petit Célestin, ordonnance.
  • Au sol: par le télégramme 7104 arrivé à 22h30, le général commandant le GAC avise le général commandant la RFV que l'escadrille C 46, passe à la RFV et se transportera le plus tôt possible à Vadelaincourt. Nos batteries continuent leurs tirs de réglage et envoient des salves sur les travailleurs allemands au nord de Brabant et sur un détachement qui entraient à Flabas. Au bois des Caures, nos 58 tirent sur les tranchées allemandes du Miroir et du bois Juré tandis que notre A4 et notre artillerie de campagne effectuent un tir de concentration de feux sur les mêmes points (670 obus en tout) et au sud de Ville-devant-Chaumont (165 obus). Ces tirs sont signalés comme bons par l'infanterie. Un autre tir sur le bois de Consenvoye bouleverse des travaux ennemis. D'après les observateurs d'artillerie, 80% des obus de 95 tombent dans les tranchées. En réponse, l'ennemi bombarde violemment le bois Carré (ouest du bois des Caures). (JMO RMV)
Note
  • le JMO du 30e CA fait apparaitre qu'un avion allemand survole Verdun et le secteur de la 72e DI. Et qu'un de ses avions, donc de la C 18 prend des photos du bois de Saulx, du bois Juré et Chauffour, sud de Ville-devant-Chaumont et Cap de Bonne-Espérance qui décèlent des abris considérables. De nouveau donc un écart avec le compte-rendu RFV.
18 février 1916
  • Même situation et mêmes missions générales de l'aviation.
  • Missions particulières: 
    • N 67: mêmes ordres,
    • MF 63
      1. reconnaissance photo sur Azannes, Grémilly, jumelles d'Ornes, bois du Breuil (protégé par un 130HP et un Nieuport),
      2. Deux avions munis de TSF à la disposition du commandement de l'escadrille MF 72.
    • MF 72: mêmes ordres,
    • C 18: mêmes ordres,
    • C 11
      1. photos du bois des Haies, bois le Tillat, bois le Battis, Gincrey, Mogeville,
      2. A la disposition du 2e CA et de la 132e DI, du ruisseau de Tavannes à la limite sud de la RFV.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie.
    • 28e Cie d'aérostiers: vent violent. Pas d'ascension. 
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie et vent violent, pas d'ascension, transport du ballon gonflé de Lahaymeix à Gimécourt (20kms)
    • 52e Cie d'aérostiers: brouillard et pluie, pas d'ascension,
    • 59e Cie d'aérostiers: pluie et vent. Pas d'ascension.
  • Au sol: les allemands font exploser aux Eparges, trois mines qui ne nous causent aucun dégât appréciable, les fourneaux ayant éclaté dans des entonnoirs déjà existants. Nous exécutons des tirs sur les organisations ennemies en particulier dans le bois de Ville-devant-Chaumont, au Cap de Bonne-Espérance (les résultats observés sont bons) et dans le secteur de Calonne. L'ennemi répond faiblement. (JMO RMV)
19 février 1916:
  • Même situation et mêmes missions générales de l'aviation.
  • Missions particulières: 
    • N 67:
      1. Reconnaissance sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles. Mouvements sur les routes Montfaucon/Cierges, Montfaucon/Cunel, Nantillois/Brieulles. Reconnaissance des parcs et cantonnements de la région, matériels en gare de Nantillois et de Brieulles,
      2. Une reconnaissance double sur Spincourt. Mouvements sur route Spincourt/Étain et mouvements dans la région Loison/Senon/Amel ou un Corps d'Armée est signalé.
      3. Protection de la reconnaissance de la MF 63 et MF 72 par un avion.
    • MF 63:
      1. reconnaissance photo sur Azannes, Grémilly, jumelles d'Ornes, bois du Breuil (protégé par un 130HP et un Nieuport),
      2. Deux avions munis de TSF à la disposition du commandement de l'escadrille MF 72.
    • MF 72: complétée par deux avions de la MF 63 munis de TSF.
      1. A la disposition du général commandant le 7e CA pour travailler sur le front Forges/bois de Malancourt (29e et 67e DI).
      2. Photos de la région nord de Béthincourt, bois des Forges
    • C 18
      1. A la disposition du 30e CA de la Meuse au ruisseau de Tavannes,
      2. Photographies des batteries de Romagne à la ferme de Marveaux.
    • C 11:
      1. Photos de la ligne Cuisy/bois de Montfaucon/bois de Malancourt,
      2. photos du bois des Haies, bois le Tillat, bois le Battis, Gincrey, Morgemoulin,
      3. A la disposition du 2e CA et de la 132e DI, du ruisseau de Tavannes à la limite sud de la RFV.
  • Exécution: le mauvais temps a empêché toute sortie.
    • 28e Cie d'aérostiers: vent, nuages bas. Pas d'ascension. 
    • 31e Cie d'aérostiers: pluie et vent, pas d'ascension,
    • 52e Cie d'aérostiers: pluie, pas d'ascension. lancements de tracts,
    • 59e Cie d'aérostiers: pluie et vent. Pas d'ascension.
  • Les personnels de la N 67:
    • arrivée du Caporal Massot, pilote,
    • arrivée du 1e cl Massicot, 1e mécanicien du caporal Massot,
  • Au sol: au matin, l'ennemi fait exploser une mine à l'ouest du bois de Malancourt sans causer ni perte, ni dégât. Pendant toute la journée, la lutte d'artillerie est très vive sur tout le front de la RFV, en particulier dans la région de Bois-Haut et dans celle des Hautes-Charrières. Un déserteur polonais dit que "l'offensive doit avoir lieu aussitôt que le temps le permettra. Elle devait commencer le 13 dans la soirée. La tempête qui s'est déchainée en a empêché le déclenchement. L'artillerie devait exécuter un bombardement formidable sur le bois des Hautes-Charrières, avec des obus asphyxiant. L'attaque d'infanterie devait se développer au nord du bois par lignes de tirailleurs distantes de 5m en 5m. Aux dires des officiers, l'offensive a pour but de s'emparer de Verdun et de contraindre la France à une paix séparée. Elle peut lui couter une soixantaine de mille hommes: des renforts venants de Russie combleraient les vides". Depuis trois jours, le temps continu d'être extrêmement pluvieux avec bourrasques de vent. Cette tempête, si elle retarde l'attaque, rend impossible les reconnaissances d'avions. (JMO RMV).
Carte du JMO du 2e CA, Sud-Est Étain.
 
20 février 1916
  • Mêmes ordres que pour le 19 février.
  • Situation:  
    • Escadrilles: N 23, N 67, MF 63, MF 72, C 18: terrain à Verdun,
    • Escadrille C 11: à Ancemont,
    • 59e Cie d'aérostiers: à Béthelainville,
    • 52e Cie d'aérostiers: à Belleville-Froideterre,
    • 28e Cie d'aérostiers: à Bellevue.
    • 31e Cie d'aérostiers: à Gimécourt,
    • Parc n°11: ferme de Regret.
  •  Exécution
    • 1e région: ouest de la Meuse 
      • N 67: une reconnaissance double,
      • MF 72: deux reconnaissances,
      • C 11: une reconnaissance,
    • Compte-rendus:
      • Pas de mouvements dans la région de Dannevoux, bois de Brieulles, Cunel, Septsarges de 8h15 à 9h15,
      • fumées de bivouac dans le bois Juré, sud de Dannevoux. Quelques emplacements de batteries dans le bois de Forges
      • A 15h, nombreuses voitures entre Gercourt et Dannevoux. Animation autour des abris nord de la côte 281,
      • un nouveau boyau le long du chemin Gercourt/Béthincourt,
      • photos de Cuisy et du bois de Malancourt. Ente Cuisy et l'ouvrage du Démon, deux boyaux sont achevés. Au nord de l'ouvrage du Démon, batterie perpendiculaire à la route Malancourt/Montfaucon.
      • ouvrage des Cerisiers: des éléments de tranchées de premières lignes sont reliés, deux postes d'écoute en avant,
      • ouvrage des 100 fusils: nouvelle tranchée à l'est de l'ouvrage,
      • sud de Cuisy: rien de nouveau,
      • bois de Malancourt: à l'est: deux entonnoirs.
    • 2e région du 30e CA:
      • N 67: une reconnaissance sur Spincourt,
      • MF 63: une reconnaissance,
      • C 18: deux reconnaissances sur Romagne, trois reconnaissances du front.
    • Compte-rendus:
      • pas d'animation sur routes, région Romagne,
      • nombreuses pistes dans le bois de Merles,
      • une nouvelle tranchée dans le bois de Consenvoye reliant la côte 332 à la lisière Est,
      • nouvelle tranchée à la lisière nord du bois d'Ormont,
      • nombreux terrassement au carrefour de la Croix-Antoine, autour de la batterie 8710,
      • nouveaux emplacements de batterie dans le bois de Wavrille à l'est de la ferme de Molleville et au nord de Ville-devant-Chaumont,
      • emplacements de batteries à l'est de la Côte-de-Romagne,
      • nombreux abris au nord-est de la Côte-de-Romagne. Les tranchées n'ont pas été sensiblement augmentées,
      • au bois des Geais, emplacement probable de batteries,
      • plusieurs emplacements de batteries au nord de la Côte-de-Romagne et de Morimont, avec pistes,
      • à Romagne, deux grands hangars au sud-ouest, parcs assez importants dans les vergers,
      • en gare, une locomotive, 60 wagons, nombreuses voitures à proximité de la gare, un départ de locomotive.
      • nouvelle voie se dirigeant vers le sud-est, direction probable Mangiennes,
      • Moirey et nord de Chaumont-devant-Damvillers, pas de nouveaux travaux,
      • Maucourt, corne Est du bois des Haies, rien de nouveau. Bois le Tillat, quelques abris au sud, nouveaux boyaux se dirigeant vers le bois le Bâtis, quelques abris au centre du bois, une amorce de tranchée à la lisière Est,
      • Gincrey, une tranchée reliant la route au nord de Gincrey,
      • quelques tranchées nouvelles à l'Est de Morgemoulin,
      • au carrefour Morgemoulin, Étain, Foameix, Fromezey, ouvrage fermé en construction,
      • tranchée en construction entre Morgemoulin et Foameix,
      • à l'Est du ruisseau Est de Foameix, lignes de tranchées orientées nord/sud,
      • à 500m à l'ouest du pont de Chasson sur route Étain/Verdun: petit ouvrage,
      • abris et boyaux nouveaux en arrière de la première ligne entre Foameix et l'ancien moulin d’Étain,
      • nombreuses pistes reliant la première ligne aux travaux nouveaux,
      • au nord-est du Cap de Bonne-Espérance, 4 abris, une compagnie par abri,
      • au nord de la route du Cap de Bonne-Espérance/Azannes : une dizaine d'abris moins importants,
      • Azannes et Grémilly: rien de nouveau,
      • à la Croix-des-Vignes, nouvel emplacement de batterie à l'Est des abris anciens, aucune tranchée nouvelle
      • Jumelles d'Ornes: rien de nouveau.
    • 3e région du 2e CA:
      • C 11: une reconnaissance sur Vigneulles: une colonne d'ouvriers, un bataillon à un km nord de Deuxnouds. Aucun changement dans les abris. 5 rames de wagons en gare de Vigneulles
      • photos de Seuzey, Lamorville, Spada, côte Sainte-Marie et du saillant de Vaux-les-Palameix.
      • contrôle de tir sur région du Chapeau, sur les tranchées du bois des Chevaliers, sur le bois St Rémy, réglage sur 2449 (Dompierre)
    • Combats contre avions ennemis:
      • région de Malancourt, pour un avion de la C 11,
      • région de Romagne, 4 combats pour avions de la C 18, 2 vols de protection, 4 patrouilles de chasse.
      • 28e Cie d'aérostiers: 7 batteries reconnues en action dans la région bois du Breuil, les Accencemments, forêt de Spincourt (JMO RFV).
      • 28e Cie d'aérostiers: Légère brume. 
        • Ascension de 8h à 11h15 à 750m du Sergent Musard: batterie en action dans la forêt de Spincourt (8279), 
        • Ascension de 11h20 à 17h45 à 800m du Maréchal des Logis Gireaud: batterie en action:
          1. aux Warières (7485), 
          2. 8 pièces au bois le Breuil (7263 et 8962),  
          3. forêt de Spincourt (9085),  
          4. les Accensements (6584),  
          5. forêt de Spincourt (8588). 
        • 2 Drachen sont signalés.
      • 31e Cie d'aérostiers: réglage sur les ponts de Saint-Mihiel (JMO RFV),
        • visibilité moyenne. Ascension de 8h45 à 12h15 à 800m du sous-lieutenant Hoppe,
        • visibilité meilleure. Ascension de 12h30 à 17h00 à 850m du caporal Schumberger: réglage sur les passerelles de Saint-Mihiel, d'une batterie de 120, 18 coups observés et d'une batterie de 220, 6 coups observés.
      • 52e Cie d'aérostiers: surveillance de secteur, batterie en action (JMO RFV),
        • brume légère, gonflement du ballon puis ascension:
        • de 13h15 à 16h30 à 975m du caporal Gérard (28e Cie): batteries relevées en action: 
          1. au point 4713, bois de Montaubé
          2. au point 8561 bois de Maucourt
          3. au point 8279 clairière de Warières, forêt de Spincourt. Ces batteries tirent sur le bois de Caurrières
          4. Une batterie située dans les Jumelles d'Ornes tire deux coups fusants et courts dans la direction du ballon.
      • 59e Cie d'aérostiers: surveillance de secteur, repérage de train (JMO RFV). 
        • Brume. Ascension de 11h45 à 16h30 à 800m par l'adjudant Parisy: surveillance de secteur.
    • Drachen repérés:
      1. nord du bois de Beuge,
      2. côte 280, bois de Brieulles,
      3. fort de Sillon Fontaine,
      4. côte de Morimont,
      5. région de Vaudoncourt,
      6. bois de Saulx.
  • Au sol: suite aux réorganisations pour s'adapter au dispositif allemand, l'ordre de bataille de la RFV est modifié comme suit:
    • sous le commandement du général de Bazelaire:
      • d'Avocourt exclu à Béthincourt exclu: 29e DI,
      • de Béthincourt à la Meuse: 67e DI,
    • sous le commandement du général commandant le 30e CA:
      • de la Meuse au bois le Comte: 72e DI,
      • du bois le Comte à Ornes: 51e DI,
    • sous le commandement du général Chrétien:
      • d'Ornes à la Tavanne: 14e DI et troupes du GEV secteur nord,
    • sous le commandement du général commandant le 2e CA, le général Duchêne:
      • de la Tavanne au Longeau: 132e DI,
      • du Longeau au bois du Fays: 3e DI,
      • du bois du Fays aux Paroches: 4e DI,
    • en arrière, dans la région de Souilly, Chaumont-sur-Aire: 37e et 48e DI, la 48e DI étant en réserve du GAC.
Les renseignements recueillis indiquent clairement que le front nord de la RFV va être assailli par 4 CA et une artillerie considérable (situation à la date du 1er février), mais les mesures prises pour l'organisation du transport ne permettent pas de porter rapidement sur le front, les renforts qui seront nécessaires.
Dans la journée, nous exécutons des tirs sur les ouvrages allemands de Consenvoye, Cap de Bonne-Espérance, bois de Breuil (les résultats paraissent très bons aux observateurs). L'ennemi riposte violemment en bombardant les Hautes-Charrières, Haraigne, Bezonvaux. Notre artillerie bombarde la ligne Étain/Warcq: on constate qu'un blockhaus a sauté, un incendie allumé à la scierie du Montcel (ouest de Saint-Hilaire) provoque une série d'explosions.
Le temps s’éclaircit, le vent semble encore indécis avec tendance à souffler du Nord-Est. (JMO RMV)

Note
  • le rédacteur du JMO change l'organisation du compte-rendu journalier. Les missions planifiées pour chaque escadrille ne sont plus détaillées au contraire des résultats des reconnaissances mais sans en décrire l'unité d'origine. En l'état, on ne sait pas si la N 23 réalise ce jour, ses premières missions au profit de la RFV. 
  • Le JMO du 30e CA précise que de nombreux avions ennemis ont survolés nos lignes. 
  • Le JMO de la 29e DI relate qu'un avion allemand largue deux bombes sur Esnes-en-Argonne (à la sortie du village), vers 13h00. Pas d'accident, ni dégât. 
  • Celui du 2e CA précise que des avions allemands bombardent Ancemont. ( terrain de la C 11).

Une partie des missions du 20 février 1916.


21 février 1916: début de l'offensive allemande sur Verdun
  • Situation:
    • 2e CA: ennemis sont signalés dans la région Damvillers, Romagne, Seuzey. Un Corps d'Armée dans la région Dommary, Senon, Amel, Étain.
  • Missions générale de l'aviation:
    • reconnaitre les mouvements sur routes et voies ferrées, en particulier dans la région entre la Meuse et la forêt de Spincourt. Photos des nouvelles organisations de l'ennemi et de leurs emplacements de batterie
  • Missions particulières:
    • N 67:
      1. mission reconnaissance avec prise de photo, bois de Tilly, ferme Longeau, Amel,
      2. protection des reconnaissances photo de la MF 72,
      3. barrage par avions disponibles sur Béthincourt/Forges.
    • N 23
      1. protection de la reconnaissance photo de la MF 63 (1),
      2. barrage sur la région Flabas/Azannes.
(1): l'arrivée de la N 23 permet une répartition des missions de couverture des avions de reconnaissance. La N 67 couvre dorénavant la MF 72, tandis que la N 23 se charge de la MF 63.
Le déclenchement des opérations allemandes ce 21 février 1916 à 7h15 marque le début de ce qui sera la première bataille de Verdun. Bien que de nombreux indices (témoignages de prisonniers et de déserteurs, quelques reconnaissances photographiques etc ..) permettent aux français de comprendre qu'une vaste opération sur Verdun est proche, le mois de Janvier 1916 a compté 17 jours d'impossibilité d'activité aérienne pour cause météorologique défavorable et le mois de février, 13 jours, jusqu'à ce 21 février. La connaissance de la situation ennemie est donc incomplète.
    • MF 63:
      1. reconnaissance photo bois d'Ormont, bois de Consenvoye, Brabant, protégée par un avion N 23,
      2. photo des lignes françaises de Brabant, du bois d'Haumont et du bois des Caures,
      3. deux avions munis de TSF à la disposition du commandant l'escadrille MF 72.
    • MF 72:
      1. photographies du nord de Béthincourt, bois des Forges protégée par un avion N 67,
      2. à la disposition du général commandant le 7e CA.
    • C 18:
      1. photographies du bois de Wavrille, bois d'Etraye, du bois de la Grande Montagne
      2. à la disposition du 30e CA.
    • C 11:
      1. photographies des emplacements de batteries ennemies,
      2. à la disposition du 2e CA.
  • Même situation des escadrilles et des Compagnies d'aérostiers.
  • A 8 heures, bombardement de Verdun.
  • Violent bombardement de la Meuse à Ornes.
  • Exécution:
    • 1° région Cuisy, Gercourt, bois des Forges:
      • MF 72: pas de changement dans les travaux du nord de Béthincourt à la Meuse. 25 batteries reconnues en action dans la région Cuisy, bois de Septsarges, bois de Montfaucon, Drillancourt, bois des Forges. Combat avec deux avions ennemis, région de Malancourt.
    • 2e région du 30e CA:
      • à 9h30, anciens emplacements de Warphemont et de Museray en action. 
      • Une pièce de gros calibre en action au bois d'Hingry. Pièce sur voie ferrée dans la forêt de Spincourt. 
      • Près de 100 bataillons sont reconnus en action par 9 avions de surveillance de 9h à 17h30, particulièrement dans la région bois de Wavrille, Crépion, Romagne, forêt de Spincourt, bois de Breuil, bois de Tilly. (2)
      • 3 reconnaissances photographiques : 2 de l'escadrille C 18 et une de l'escadrille MF 63:
        • Peu de travaux nouveaux de la Meuse au bois de Consenvoye. Des abris au nord de l'ouvrage W1. 
        • Au nord d'Etraye, nombreuses pistes conduisant de le bois de la Grande-Montagne et Arreville (?). 
        • Au sud, nouvelle voie ferrée reliant Etraye à la ferme Molleville
        • Nouvelle voie d'Etraye à la ferme M....fontaine, batterie au nord de cette ferme. 
        • Ravin à 2 kms sud-ouest d'Etraye, 3 emplacements de batteries et amorce de chemin de fer. 
        • A l'ouest de Crépion, nombreux emplacements de batteries (6 nouveaux) dans un ravin au sud du bois de Crépion
        • Nombreuses pistes autour des batteries du ravin nord du bois de Moirey
        • La voie ferrée du carrefour de la Croix-Antoine pénètre dans le bois de Bélieu desservant des batteries situées à l'Est de la côte 350. 
        • Pistes et batteries dans le ravin à un km sud-Est de la ferme de Molleville.
    • 3e région du 2e CA:
      • C 11: 16 sorties. Une reconnaissance sur Vigneulles, Woël, signale calme dans la région. Approvisionnements en gare de Vigneulles, 200 wagons environs. Réglage sur la côte 2271 (Dompierre), 5407 (Dommartin), sur le front Buzy. 24 batteries reconnues sur le front Thillot, Dommartin, Lamorville, Deuxnouds. 10 combats ont été livrés par cette escadrille à des avions ennemis.(3)
      • 10h00: des avions allemands bombardent Ancemont
      • 13h00: l'ennemi commence à bombarder les ponts de Dieue - Ancemont par du 130.(4)
      • 16h20: nos reconnaissances d'avions n'ont signalé aucune activité particulière en arrière des lignes ennemies. 
(2): le JMO du 30e CA précise que notre artillerie répond par un feu extrêmement violent. Dès 7h20, notre artillerie à longue portée prend à parti les batteries ennemies qui lui sont signalés par les avions, notamment dans la région de la forêt de Spincourt et dans les bois au Nord-Est.
(3): les cahiers manuscrits de comptes-rendus des activités et opérations aériennes des unités précisent : "durant une reconnaissance photographique, 5 Nieuport escortant 2 Caudron, attaquent 4 avions ennemis, au-dessus de la zone à photographier. 2 appareils prennent la fuite, 2 autres sont attaqués près de l'étant de Lachaussée." S'il semble évident que les deux Caudron appartiennent à la C 11, leur zone à couvrir étant proche, les Nieuport doivent être ceux de la N 31 opérant depuis Toul. En effet, ce jour, l'adjudant Jacques Ortoli abat un monoplace dans les environs de Vigneulles, tandis que le capitaine Auger abat un biplace dans les environs de Lachaussée. Le JMO du 2e CA précise que des avions allemands bombardent Ancemont, ou est stationné la C 11. A midi, ce JMO rend-compte que la situation est calme sur tout le front du CA. Les reconnaissances d'avions ne signalent aucun mouvement particulier en arrière des lignes ennemies.
(4): très certainement grâce à des avions de réglage 
    • Chasse:
      • N 67: 5 vols de barrage, région Forges/Béthincourt,
      • N 23: 11 croisières sur Flabas, livré 3 combats.
    • Aérostation:
      • 28e Cie d'aérostiers: 8 heures d'ascension, 6 batteries reconnues en action. L'ennemi tire fusant sans succès sur le ballon (JMO RFV).  
        • Vent violent, brume. Ascensions:
        • de 8h à 10h30 à 600m, du sergent Musard: un Drachen signalé,
          1. de 10h40 à 15h00 à 700m, du maréchal des logis Gireaud: une pièce de gros calibre, direction de Réville tirant sur Verdun, 8 pièces au bois le Breuil (8692),
          2. de 15h05 à 16h à 650m du sergent Bonal: forêt de Spincourt (8887), bois d'Hingry (1803), tirant sur Vaux, bois de Breuil (7263 et 8971) tirant sur le ballon 28 et le fort de Vaux.
        • Pendant toute la durée des ascensions, l'ennemi tire sur le ballon par coups fusants et percutants.
      • 31e Cie d'aérostiers: vent violent, pas d'ascension,
      • 52e Cie d'aérostiers: 6 heures d'ascension, 10 batteries en action. L'ennemi tire fusant sur le ballon et percutant sur le campement sans résultat (JMO RFV),
        • brume épaisse qui se dissipe ensuite vers 10h30. Ascension de 10h30 à 19h30 à 800m du caporal Gérard (28e Cie): batteries relevées en action:
          1. au point 6883, près de Grémilly,
          2. au point 8279, forêt de Spincourt,
          3. au point 8588, forêt de Spincourt,
          4. au point 9682, bois des Forges tirant sur Brabant et Samogneux,
          5. au point 8279, forêt de Spincourt tirant sur le bois des Caures,
          6. au point 6671, maison forestière de Grémilly.
        • bombardement par l'ennemi du ballon de la 52e Cie avec projectile de 130. Tirs tantôt percutant, tantôt fusants. Liaisons téléphoniques avec quatre centraux d'artillerie coupées par le tir intensif de l'ennemi.
      • 59e Cie d'aérostiers: 8 heures d'ascension, repérage de 4 batteries en action. Le ballon en ascension est soumis à un tir fusant (JMO RFV).
        • Brume. Ascension de 9h à 16h à 900m par l'adjudant Parizy:  
          1. 2 pièces en action au point 9486,
          2. 4 pièces en action au point 8079 tirant sur les tranchées nord de Béthincourt,
          3. 4 pièces de 77 au point 2265 tirant sur le nord d'Esnes,
          4. 4 pièces au point 7577 tirant sur le nord de Béthincourt.
  • Les personnels de la N 67:
    • arrivée de Gillot Alfred, 1e cl mécanicien du lieutenant Derode,
    • arrivée du Lieutenant Derode, pilote, 
    • arrivée du Maréchal des Logis Toulze, pilote,
    • arrivée de Madiot Abel, 1e cl mécanicien du MdL Toulze,
  • En vol:
    • Le JMO du Groupe D'Armée Centre GAC, rend compte pour la 3e Armée, le bombardement du secteur à l'Est de l'Aire et de celui d'Avocourt. Très grande activité de l'aviation ennemie. Bombardement de Revigny et Bar-le-Duc sans gros dégâts. 2 Avions abattus. Le Zeppelin LZ 77 mis en feu par un obus incendiaire tombe aux environs de Brabant-le-Roi.
  • Au sol: le temps est beau, froid et sec. A 7h15 commence un bombardement qui dès les premiers instants est d'une extrême violence. L'ennemi canonne particulièrement le bois et le village d'Haumont, le bois des Caures, le bois de la Wavrille et l'Herbebois, au nord des Hautes-Charrières et Fromezey à l'Est. Les localités un peu en arrière du front, de Bras à Douaumont sont violemment bombardées. D'autre part, l'ennemi jette sur Verdun des obus de gros calibre, l'un des premiers défonce la façade du collège Marguerite (ancien évêché)et tue une femme. Le général commandant d'armes s'installe à la Citadelle. Les forts de Vaux et de Douaumont, le massif d'Hardaumont sont bientôt sous une pluie d'obus. Les 2e positions semblent plus visées encore que les premières. En Woëvre, le bombardement est très violent aussi sur Champlon, Hennemont, Fresnes. A noter à gauche, Chattancourt, seul est d'abord canonné avec du gris calibre, au Nord-Est, ce sont bientôt Vaux et Bezonvaux qui en reçoivent puis la route de Verdun à Étain. Enfin l'ennemi tire sur le fort de Troyon, Woimbey, Ancemont et Dieue. Cependant c'est le front Nord, Nord-Est qui est incomparablement le plus mal traité. Le général Chrétien, commandant le 30e CA, constate que dès les premières heures, le feu de centaines de batteries détruit les retranchements et écrase les abris. Partout, dès 8h, les communications sont coupées. On établit des liaisons par coureurs et le télégraphe optique. Notre artillerie répond par un feu extrêmement violent. A 7h20, notre artillerie lourde à longue portée prend à parti qui lui sont signalées par les avions, surtout dans la région de la forêt de Spincourt et dans tous les bois au Nord-Est. Mais le tir allemand augmente d'intensité. Les aviateurs qui survolent déclarent que cette région est le centre d'un véritable feu d'artifice, tant les départs de pièces sont denses. Le petit bois de Gremilly, au nord des Jumelles d'Ornes accuse une telle densité de départ que les observateurs en avion doivent renoncer à pointer sur leurs cartes les très nombreuses batteries en action. Nos batteries continuent de répondre. A partir de 13h, l'artillerie de campagne tire sur les tranchées allemandes à une cadence d'abord lente puis croissant d'intensité jusqu'à la fin de l'après-midi. A 16h, la violence des tirs allemands est à son maximum. Six Drachen planent au-dessus des lignes ennemies. Le général Chrétien, fait pousser en avant les pièces destinées à assurer le flanquement "on ne doit pas craindre leur perte, si cette perte se produit après qu'elles ont joué leur rôle". D'ailleurs, sous l’avalanche d'obus, les garnisons de défense demeurent héroïques. Assuré que ce bombardement sans précédent va être suivi d'une attaque d'infanterie, le général Chrétien renouvelle l'ordre de défendre la 1e position à outrance et de contre-attaquer résolument si l'ennemi prend pied dans la moindre parcelle de nos lignes. (suite dans le JMO RFV)

Les missions du 21 février 1916, début de l'offensive allemande sur Verdun.


22 février 1916:
Les allemands exécutent de nombreux tirs et réglages sur le front de la RFV.
  • Missions générales de l'Aviation
    • repérage des batteries en action, réglages et contrôles de tirs,
    • attaque en toutes circonstances des avions allemands et établir un barrage entre Malancourt et Étain
  • Missions particulières:
    • N 67: barrage permanent de Cuisy à la ferme d'Ormont,
    • N 23: barrage permanent de la ferme d'Ormont à Azannes,
    • MF 63: barrage permanent d'Azannes à Morgemoulin,
    • MF 72: à la disposition du 7e CA,
    • C 18: à la disposition du 30e CA, si possible photos des batteries de la forêt de Spincourt,
    • C 11: à la disposition du 2e CA. A 12h, les reconnaissances d'avions ne signalent aucun mouvement particulier en arrière des lignes ennemies.
  • Des avions Nieuport de la 3e Armée seront chargés du barrage sur le front Cuisy/Avocourt,
  • Des avions Nieuport de la 1e Armée seront chargés du barrage sur le front Saint-Mihiel/Lamorville.
  • Même situation des escadrilles et des Cie d'aérostiers.
    • Les allemands occupent le bois d'Haumont et de l'Herbebois
    • Bombardement continu sur Verdun. Le port d'attache, bombardé, ne peut plus fournir le gaz, qui sera fourni par le port d'attache de Toul
    • La Direction se transporte à 17h à Dugny.
    • Les escadrilles N 67 et N 23 s'installent à Ancemont
    • Le terrain de Vadelaincourt est prêt à recevoir les escadrilles de Verdun en cas de bombardement du terrain. 
    • 28e Cie d'aérostiersle ballon est atteint à 1370m, 15 trous, le 22 février, est réparé et en état de fonctionner.(JMO RFV). Brume. Ascensions:de 9h10 à 18h10 à 1400m du Sergent-Major Contentin. Batteries en action repérées aux Accencemments (6285), bois le Breuil (9363 et 8975), maison forestière de Gremilly (7077), bois le Breuil (7263)qui tire le ballon 28, Azannes (5691), forêt de Spincourt (7580). Une batterie de 155L réglée sur la batterie 7263 du bois de Breuil, 8 coups observés. 2 Drachen signalés. De 11h10 à 17h40, l'ennemi tire sur le ballon à coups fusants et dans la direction du treuil, par fusants bas et percutants.
    • 31e Cie d'aérostiers: chute de neige le matin. Après-midi, ascension de 13h30 à 15h à 500m du sous-lieutenant Hoppe.
    • 47e Cie d'aérostiers: la Cie se rend d'Aubigny à Verdun (Fort de Belleville).
    • 48e Cie d'aérostiers: la Cie quitte la Champagne pour se rendre dans la région de Verdun.
    • 52e Cie d'aérostiers: d'abord neige, puis nuages très bas. Ascension de 9h45 à 16h45 à 450 de l'enseigne de vaisseau de Gour. Relève en action une batterie au point 6369 près de la maison forestière de Gremilly. Signalé des tirs fusants :
      1. sur le bois des Fosses,
      2. devant Vacherauville,
      3. sur le bois d'Herbebois,
      4. sur la côte du Poivre,
      5. côte 378 et bois des Fosses,
      6. ouest de Louvemont,
      7. côte 342,
      8. côte 372, près de Flabas
    • 59e Cie d'aérostiersneige et brume. Ascension de 10h à 15h50 à 800m par l'adjudant Parizy:
      1. 2 pièces en action au point 3122 et 2772, batterie nouvelle,
      2. 4 pièces en action au point 2753,
      3. 4 pièces en action au point 5678 tirant sur les tranchées nord de Béthincourt,
      4. 4 pièces en action au point 2565 tirant sur les tranchées nord de Malancourt,
      5. 4 pièces en action au point 7792. Ascension interrompue par suite de la rupture du câble au cours d'un tir fusant ennemi.
  • Les personnels de la N 67:
    • arrivée du Capitaine de Saint-Sauveur, pilote,
    • arrivée de Ryon Georges, 1e cl mécanicien,
  • Au sol:  
    • Groupement Chrétien
      • dès le matin, conformément aux ordres donnés, l'artillerie agit soigneusement pour séparer, isoler les partis ennemis qui ont pénétré dans nos lignes. L'infanterie reçoit l'ordre de toute tenter pour reconquérir les tranchées perdues. (suite voir JMO RFV)
    • Groupement de Bazelaire:
      • le bombardement continu avec plus de violence encore que la veille, visant particulièrement le Mort-Homme, la côte de l'Oie, le fort de Marre et le plateau d'Haucourt. Béthincourt est bombardé à 11h50 par des obus asphyxiant. (suite JMO RFV)
    • Groupement Duchêne:
      • l'artillerie allemande se montre très active notamment contre nos positions de la région de Malacorre/ bois Jean Devaux.
Missions du 22 février 1916.

23 février 1916:
  • escadrilles d'Arméesà la disposition de leur CA,
  • autres escadrilles: mêmes ordres.
  • Mauvais temps, chute de neige.
    • C 18: à Vadelaincourt, envoi des reconnaissances d'avions. Elle signale la marche de nos colonnes et les points battus par l'artillerie ennemie,
    • C 11: à Ancemont, une reconnaissance sur Saint-Maurice, Vigneulles, Chaillon. Quelques voitures de Savonnières à Viéville. Vigneulles: 180 wagons, aucune activité dans les gares de Saint-Maurice et Vigneulles.
    • N 67: à Ancemont, deux vols au-dessus des lignes entre Cuisy et Forges à faible hauteur,
    • N 23: trois croisières à faible hauteur,
    • MF 63: un vol de barrage,
    • 28e Cie d'aérostiers: à Bellevue. Neige. Ascension de 13h35 à 16h50 à 600m du sergent Musard: la brume empêche l'observation.
    • 31e Cie d'aérostiers: à Gimécourt. Brume épaisse. Pas d'ascension.
    • 47e Cie d'aérostiers: au fort Saint-Michel. Gonflement du ballon.
    • 48e Cie d'aérostiers: à la ferme de l'Equanissage. Pas d'ascension.
    • 52e Cie d'aérostiers: à Belleville-Froideterre. brume épaisse. Ascension de 8h20 à 10h20 à 500m du caporal Gérard (28e Cie). La brume n'a pas permis de faire des observations. L'ennemi bombarde à 18h00, la région du campement du ballon. celui-ci est atteint sérieusement par des éclats d'un projectile tombé à quelques mètres. On doit procéder au dégonflement, lequel prend fin à 22h30.
    • 59e Cie d'aérostiers: à Bethelainville. Neige et brume. Pas d'ascension. Gonflement du ballon.
  • Les personnels de la N 67:
    • arrivée de l'Adjudant Bucquet, pilote, détaché de la N 3.
Les missions du 23 février 1916.
  • Au sol:
    • Groupement Chrétien: repli du 351e RI de la 72e DI de Brabant à Samogneux, en contradiction formel des ordres de tenir coute que coute. Ordre est donné de reprendre Brabant, mais trop tard. Samogneux est sévèrement bombardé. Les attaques sur Brabant échouent, fort mécontentement de Grand Commandement de la RFV. A Samogneux écrasé sous les obus, il reste à 22h30, 2 Cie du 351e RI et deux du 324e RI. Dans l'Est du secteur de la 72e DI, les contre-attaques de la matinée ont permis de réoccuper le Sud du bois d'Haumont et quelques tranchées du bois des Caures. Les allemands étant déployés dans le ravin du bois d'Haumont, à 800m de la ferme d'Anglemont, ils bombardent violemment au vu des 305 et 320 sur les fermes d'Anglemont et de Mormont. Du coté de la 51e DI, le bois de Wavrille a été bombardé sans discontinu toute la nuit et est menacé. Suite à l'échec de leur attaque, les allemands écrasent le bois sous les obus. Les allemands attaquent l'Herbebois et contre attaquent sur le bois de Wavrille. Deux compagnies du 387e RI et deux du 310e RI, décimées par les obus, sont rejetées sur le bois des Fosses. Ordre est donné à la 51e DI de diriger son artillerie sur le bois de Wavrille et de contre attaquer. Échec de la contre attaque lancée à 16h.
    • Groupement Bazelaire:  bombardement fusant durant la nuit sur les ouvrages d'Haucourt. Reprise au matin, d'un bombardement très violent sur le Mort-Homme, Régnéville, le bois des Caurettes, l'ouvrage d'Haucourt et nos positions d'artillerie, dont des pièces sont démolies, Cumières et Béthincourt . Esnes et Chattancourt reçoivent des obus de gros calibre. 
      • JMO du DS: artillerie ennemie calme. Deux réglages par avion de nos 120L.
    • Groupement Duchêne :  le Grand Commandement de la RFV rapproche les réserves et fait venir la 153e DI dans la région Dieue/Verdun. La 39e DI se portera dans la région Fleury-sur-Aire, Chaumont-sur-Aire, Vaubécourt.
    • Renseignements: 75 prisonniers dont un officier sont interrogés au QG de la RFV. Ils donnent des détails intéressants sur les attaques des 21 et 22. Le Ve CA a été mis en réserve. La XVIIIe a été engagée dans la région du bois des Caures et à l'Ouest. Il semble que jusqu'à présent le IIIe CA n'ait engagé dans l'Herbebois que la 6e DI et un régiment de la 5e. (JMO RFV)
24 février 1916:
  • situation: les attaques sur le front nord continuent.
  • missions générales de l'Aviation
    1. reconnaitre les mouvements ennemis sur les routes et voies ferrées. reconnaitre s'il y'a des déplacements des batteries ennemies,
    2. photos des nouvelles organisations et des nouveaux emplacements de batteries,
    3. établir des barrages et attaquer les avions ennemis opérant sur nos troupes,
    4. si le mauvais temps empêche les reconnaissances, les avions s’efforceront néanmoins de voler au-dessus de nos troupes, même à faible altitude.
  • missions particulières:
    • N 23
      1. une reconnaissance avec protection sur Damvillers/Romagne. Reconnaitre les mouvements sur route Jametz/Azannes, Mangiennes/Azannes, Etraye/Damvillers/Romagne et sur les voies ferrées Lissey/Damvillers et Lissey/Romagne,
      2. protection des reconnaissances photo de la MF 63 entre la Meuse et Ornes,
      3. barrage permanent dans la région Brabant/Ornes
    • N 67
      1. une reconnaissance avec protection sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles. Reconnaitre les mouvements sur les routes de la région de Montfaucon, en particulier Montfaucon/Romagne-sous-Montfaucon, Montfaucon/Brieulles et sur les voies ferrées Nantillois/Brieulles, Dun/Vilosnes,
      2. protection des reconnaissances photo de l'escadrille MF 72 sur la région Avocourt/Forges,
      3. barrage permanent Malancourt/Forges.
    • MF 63:
      1. une reconnaissance photo Brabant, Haumont, bois d'Haumont,
      2. une reconnaissance bois des Caures, bois le Comte, bois de Ville-devant-Chaumont, Soumazannes, l'Herbebois, protection par escadrille N 23,
      3. barrage sur le front Ornes/Étain.
    • MF 72:
      1. photos du front bois de Malancourt/Forges, protection par escadrille N 67, 
      2. à la disposition du 7e CA.
    • C 18:
      1. à la disposition du 30e CA.
    • C 46:
      1. photos des nouvelles positions des batteries.
    • C 11:
      1. si possible, photos de la région de Brabant, d'Haumont, bois des Caures, de l'Herbebois,
      2. à la disposition du 2e CA,
      3. nota: des patrouilles seront faites dans la région Avocourt/Malancourt par les avions de la 3e Armée.
  • Suite aux ordres, pour le 24 février:
  • Une attaque allemande est signalée sur Malancourt et la côte 344:
  • Missions: reconnaitre les mouvements et rassemblements ennemis:
    • MF 63: reconnaissance sur côte 344 et nord,
    • C 18: reconnaissance sur côte 344 et nord,
    • MF 72: reconnaissance sur Malancourt, reconnaitre mouvements au nord et à l'ouest de Malancourt.
  • Mêmes emplacements des escadrilles et Cie d'Aérostiers. Direction des Services Techniques: Dugny.
  • Exécution:
  • 1° Région 2e CA:
    • N 67
      • une reconnaissance sur Montfaucon, Nantillois, Brieulles de 14h à 15h30, signale 3 trains en gare de Brieulles. Pas de convois dans la région Montfaucon/Nantillois,
      • animation dans les villages de Nantillois et de Brieulles,
      • Drachen à Nantillois, à Brieulles, au nord-est de Consenvoye,
    • MF 72:
      • 4 reconnaissances du front entre Avocourt et la Meuse,
      • pas de travaux nouveaux, pas de mouvements de troupes,
      • bombardement assez violent de la région de Montzéville.
  • 2e Région du 30e CA:
    • C 18
      • 12 reconnaissances de 12h à 16h entre la Meuse et la route d’Étain. La C 18 signale au CA et à l'artillerie, les points principaux sur lesquels se portent l'action de l'artillerie ennemie, fait des contrôles de tirs, indique les emplacements nouveaux de batteries en action, les rassemblements ennemis et dans cas particuliers, fixe la première ligne. Les reconnaissances donnent aussi les points atteints par nos réserves et les régions dans lesquelles elles sont ou ne sont pas inquiétées par l'artillerie ennemie.
    • MF 63:
      • 3 reconnaissances sur cette même région,
      • 8h00: bombardement des tranchées de la côte 344, du bois des Fosses et du bois de Chaume,éclatements de grenades à la lisière sud d'Herbebois,
      • 8h25: le bois de la Wavrille est bombardée dans toute la partie sud, par du gros calibre, Vacherauville est bombardé. Nos troupes qui s'acheminent de Bras sur Louvemont ne sont pas inquiétées,
      • 9h00: le bois des Fosses et le bois de Chaume sont bombardés par les batteries ennemies d'Azannes, Grémilly, forêt de Spincourt. Deux emplacements de batteries au Nord-est de l'Herbebois (4572). Sur la route bois d'Haumont/Haumont, passent des voitures isolées, au galop. Samogneux est bombardé, ainsi que Beaumont
      • 9h30: le groupe d'artillerie environnant la maison forestière de Grémilly est très actif,
      • 9h35: ligne d'éclatement dans le bois de Wavrille, le long de la route Beaumont/Azannes,
      • 9h20 et 9h40: longue flamme dans la clairière de l'étang de Pactel,
      • 9h55: bombardement du bois de Chaume et de la côte 344,
      • 10h35: groupes d'infanterie à l'entrée de Bras. Champneuville bombardé ainsi que le ravin des Côtelettes. Les renforts et ravitaillements allant de Bras sur Louvemont ne sont pas inquiétés. Sur Beaumont, éclatements jaunâtres. Des batteries françaises tirent du bois de la Vauche et de la région des Chambrettes, elles sont contrebattue, l'ennemi tire court. Vu départs d'une batterie ennemie à la pointe ouest du bois de Tréjibuceau. Elle est bien contrebattue par notre artillerie. Batteries ennemies en action à la lisière ouest du bois de Grémilly et à l'entrée sud de Grémilly. Ces dernières sont contrebattues. 
      • 11h00: barrage d'artillerie par deux au nord d'Ornes. Les Chambrettes sont canonnées ainsi que les bois de Beaumont, les Fosses et le bois de Chaume. Courant continu entre Bras et Louvemont. Fraction d'infanterie, voitures d'artillerie (6 chevaux) non inquiétés. Seul le ravin immédiatement à l'Est de Louvemont est canonné. 7 Drachen allemands en l'air (Vilosnes, Damvillers, 2 à Romagne, 1 vers le bois d'Hingry, 2 vers l'étang d'Amel et le bois de Saulx,
      • 11h30: la ferme de Mormont et la côte 344 très violemment bombardés avec du gros calibre. Pas d'emplacement de batteries à l'ouest de Samogneux. Infanterie dans le ravin au Sud d'Haumont côte 212. Petits détachements venant d'Haumont vers le ravin Sud-Ouest de la ferme d'Anglemont,
      • 12h00: éclatements dans le bois des Hautes-Charrières, éclatements à l'Est du bois de Braux. Le village d'Ornes est bombardé. A la corne Ouest du bois des Caures, signal rouge semblant venir d'un projecteur.
      • 13h40: 8 nouveaux emplacements de batteries: 3 au ravin Sud-Ouest du bois de Consenvoye, en action: 6286, 6384, 6987. 5 au bois d'Haumont: 7282, 7388, 7687, 9085, 9484. Nombreuses fusées au bois de Chaume
      • 14h00: pas de rassemblement au nord de la côte 344, mais fantassins circulant dans le ravin Nord. Un grand nombre de voiture sur la route Sivry/Consenvoye. 4 batteries en action non contrebattues à l'Ouest du carrefour de la Croix-Antoine.
      • 14h30: violent bombardement à Champneuville. Bombardement à la sortie Sud de Vacherauville. Bombardement à obus asphyxiant à l'Est de la route Vacherauville/Samogneux et au Nord de la route Vacherauville/Louvemont
      • 15h45: nombreux camions et voitures aux abords de la ferme de la Folie (Sud de Bras). Petits paquets d'infanterie rassemblés dans les ravins Est de la grande route et au Sud de la côte du Poivre, ne sont pas inquiétés. Aucune circulation sur la route Vacherauville/Beaumont. Paquets de fantassins descendant de Louvemont sur Bras. Cette circulation n'est pas inquiétée. 
  • 3° région du 2e CA:
    • C 11:
      • 2 reconnaissances sur Lamorville, Chaillon, Vigneulles. Pas de mouvement sur les routes de la région, calme dans les villages. En gare de Vigneulles, 150 wagons. Légère animation sur la tranchée de Calonne. Trois batteries sont reconnues en action. Huit essais de réglages sont arrêtés par la brume. Vingt-quatre clichés sont pris sur le front Nord et sur la Région Lamorville/Spada
      • sept combats sont livrés par l'escadrille. Un des avions ennemis pique dans ses lignes. L'appareil du capitaine Vuillemain a l'un de ses réservoirs percé par une balle. Un autre appareil G4 est atteint à l'hélice et le capot.(1)
(1): le sergent Marcel Coache, pilote et le lieutenant René Angot, observateur, remporte une victoire non homologuée.
  • Chasse:
    • N 23:
      • 4 croisières, 2 avions ennemis sont mis en fuite. 
      • A 7h35, le lieutenant Boyer tombe de 100m et se tue sur le terrain de Verdun au départ d'une mission de chasse.
      • 3 croisières, un combat, l'appareil Nieuport est atteint de deux balles.
  • Le QG de la RFV doit être transporté dans la nuit du 23 au 24, à Souilly. Les allemands ayant occupé Louvemont et attaquant Douaumont, les ordres sont donnés pour porter les compagnies d'aérostiers de la rive droite sur la rive gauche.
    • 28e Cie d'Aérostiers: brume. Ascension de 10h10 à 17h30 à 800m du Maréchal des Logis Gireaud. Sur la demande de l'artillerie, le ballon se consacre à l'observation des tirs de l'artillerie ennemie et des mouvements des forces françaises dans la zone de combat. 20 bombardements, un mouvement de troupe signalés. La Cie doit se replier dans la nuit sur Landrecourt, à 4 heures,
    • 31e Cie d'Aérostiers: visibilité mauvaise. Ascension de 10h20 à 12h00 à 600m du sous-lieutenant Hoppe et de 15h à 16h à 500m du caporal Schlumberger : mauvaise visibilité.
    • 47e Cie d'aérostiers: sur Belleray, le mouvement est exécuté à 1 heure. Vent moyen Sud-Ouest, brume légère. Ascension de 8h15 à 17h00 à 1050m du sous-lieutenant Courtay qui signale une batterie de calibre moyen (coordonnées 35.900 -79.400) tirant sur le bois de Chaume, une autre de calibres moyens (coordonnées 35.800- 78.900) tirant sur la même zone. Une batterie de 105 (coordonnées 32.650-77.400) tirant sur le Nord du bois des Fosses, une batterie (coordonnées 33.100-78.700) et une autre ( 32.900-78.650)tirant sur le bois de Chaume. Une autre (33.050-78.950) tirant sur les Fosses. L'observateur signale à différentes reprises à l'artillerie, des rassemblements et des mouvements de troupes et des convois d'artillerie.
    • 48e Cie d'Aérostiers: temps brumeux. Ascension de 9h à 16h à 1100m par le sous-lieutenant Guillotin.
    • 52e Cie d'Aérostiers: sur Lempire, le ballon est transporté au fort du Regret (ou s'est replié le port d'attache)aux fins de réparation. A 17h30, la Cie reçoit l'ordre de quitter immédiatement le fort de Belleville et de se rendre sur les pentes Sud du fort de la Chaume. 23h00, départ de la Cie.
    • 59e Cie d'Aérostiers: temps brumeux. Ascension de 11h45 à 17h45 à 1100m du maréchal des logis Mallet:
      • 4 pièces de moyen calibre au point 6283 tirant sur le bois de Cumières. Tir à la mitrailleuse d'un avion ennemi sur le ballon,
      • 4 pièces de moyen calibre au point 6283 tirant sur le moulin de Raffécourt,
      • 4 pièces de moyen calibre au bois Chéhémin tirant sur le treuil (percutant). Plusieurs avions jettent des bombes dans les environs du campement de la compagnie,
      • 2 pièces de 100 au point 5994 tirant contre avion.
    • Parc n°11: est porté dans la nuit de Regret à Vadelaincourt.
  • Les personnels de la N 67:
    • Départ du capitaine de Villepin, pour Avord,
    • Départ 2e cl Ledoux, 1er mécanicien, pour Avord, rayé des contrôle le 25.
    • Départ du 2e cl Béro Joseph, ordonnance, pour Avord avec son officier, le capitaine de Villepin,
    • Départ du Lieutenant Venson, qui rentrant de Cazaux est parti au Plessis-Belleville,
    • Départ du 2e Cl Foucoin Léon, ordonnance du Lieutenant Venson, parti au Plessis-Belleville,
    • arrivée de l'Adjudant Navarre, en provenance de la N 48(1).
Note
 L'équipage composé du lieutenant Menj commandant d'escadrille et du 1e classe Boizard de l'escadrille MF 218 arrive de Tilloy à Ancemont en 2 heures.
(1): lorsque Jean Navarre arrive à l'escadrille, il a déjà remporté avec l'escadrille MS 12, une victoire le 1er avril 1915 à bord d'un Morane-Saulnier Parasol type L avec le sous-lieutenant Robert comme observateur sur un Aviatik posé près de Serval au nord de Fismes, dont l'équipage composé du Lieutenant Engelhorn et l'Oberleutnant Wittenburg a été fait prisonnier. Une victoire non homologuée le 12 avril 1915. Une victoire homologuée avec son mécanicien Girard contre un Aviatik dont ils atteignent le moteur avec un pistolet et un mousqueton et qui termine abattu par les troupes au sol près de Sainte-Ménéhould, l'équipage étant également fait prisonnier, le 13 avril 1915. Le 28 avril suivant, un nouvel Aviatik est touché mais s'écrase dans les lignes ennemies et la victoire n'est donc pas homologuée. Le 26 Octobre suivant, toujours au sein de la MS 12, à bord d'un Morane-Saulnier Type N, il contraint le LVG C.II N°529/15 à se poser près de Jaulgonne (02). Il est probable que l'équipage était composé de l'Uffz Otto Gerold (tué) et Ltn Paul Bucholz, de la Flieger-Abteilung 33 (blessé et prisonnier). Enfin, avec l'escadrille N 48, le 21 février 1916, il abat un biplace avec son « Bébé » Nieuport, au-dessus du fort de Badonviller près de Lunéville, victoire non homologuée.
 
 
Missions du 24 février.

Dans son ouvrage "Navarre, sentinelle de Verdun (1916)", édition 1939, Jacques Mortane, contemporain des As de la première guerre mondiale qu'il a côtoyé et rédacteur en chef du journal "la guerre aérienne illustrée", relate d'une manière peut être romancée, le contexte et l'arrivée de Navarre à la N 67 : " L'ennemi attaquait Verdun. Sa supériorité aérienne était incontestable. Navarre réclama l'honneur d'être envoyé dans la fournaise. Il obtint l'autorisation et se hâta de rejoindre son nouveau poste, partant dès la réception de l'ordre à midi, malgré la neige, et arrivant à Verdun, après un voyage accompli à cinquante mètres du sol. L'espace appartenait aux allemands. Les meilleurs pilotes, sauf le lieutenant Immelmann resté en Artois, se trouvaient devant Verdun. Le lieutenant Boelke, qui fut l'as des as de l'aviation ennemie, était là avec son cirque. Ainsi appelait-on les groupes de chasse qui venaient d'être crées et dont les membres devaient jouer le rôle de rabatteurs pour permettre au meilleur d'entre-eux de donner le coup de grâce. De l'aube au crépuscule, des barrages, des barrages étaient formés par des escadrilles de dix avions qui surveillaient les nues, afin de foncer en masse sur les oiseaux alliés voulant passer. D’où de nombreux combats. Les appareils les plus redoutables étaient les biplans à deux moteurs, les Fokkers, les LVG. Des pertes sérieuses étaient enregistrées de part et d'autres : nos Maurice Farman constituaient une proie de choix, puisqu'ils ne pouvaient pas se défendre à l'arrière. Par groupes de dix-huit ou vingt, les Albatros et les LVG venaient, escortés de petits Aviatik de chasse, biplans ressemblant beaucoup à nos Nieuport. Les bombardiers se tenaient à environ 2800m d'altitude , lançaient chacun deux bombes de 20 kgs et repartaient en file indienne. Ces attaques étaient effectuées très près des tranchées, à six ou sept kilomètres à l'intérieur de nos lignes. Autre tactique: sept ou huit avions de chasse arrivaient en même temps et restaient au-dessus de leur territoire, juste à la bordure. Ils étaient accompagnés d'un bouc émissaire, chargé de remplir le rôle  d’appât. Celui-ci allait en avant faisait le guet. Survenait alors à  toute allure un petit Nieuport. L'Allemand, en l'apercevant, lançait une fusée de détresse, s'enfuyait et, au même instant, sans qu'on pût savoir d’où ils surgissaient, les sept ou huit appareils de chasse se précipitaient et encerclaient le français. Ce système de pouvait avoir d’efficacité que s'il n'y'avait ni flottement, ni hésitation dans les manœuvres. Jean Navarre, lorsqu'il se trouvait au milieu d'un groupe semblable, s’arrangeait de façon à gêner les divers pilotes qui n'osaient plus tirer dans la crainte de s'abattre mutuellement, puis il ouvrait le feu sur celui qui lui paraissait en meilleure posture pour être descendu. Un jour le sergent Guignand, combattant un groupe de six LVG, vit avec stupéfaction, alors que sa mitrailleuse venait de s'enrayer, un des ennemis prendre feu et s’effondre, atteint par l'un des siens." 
  
A ce stade du récit, il y'a des précisions à apporter: lorsque Navarre arrive à Verdun ce 24 février 1916, l'as Oswald Boelke n'est pas encore présent sur ce front. Il y arrive le 11 mars en établissant un des KeK (Kampfeinsitzer Kommando), unité de chasse de Fokker monoplan au format réduit, autonome et établie au plus près du front, prenant le nom du site. Il établit donc le KeK Sivry à Sivry-sur-Meuse:
 
 
Voici les unités allemandes présentes:
  • Avillers: le Kampfeinsitzer Kommando Avillers ou KeK Avillers est crée le 21 janvier 1916, à partir de la Kagohl 1.

 
Le Fokker E.IV 161/16 a été piloté par Hans Karl Muller du KEK Avillers. Collection Grosz/ST
  • Buzancy: la Feldflieger-Abteilung 2 ou FFA 2, au profit de la 3e Armée,
  • Urville: la Bayerische Feldflieger-Abteilung 3b ou FFA 3b, au profit du détachement d'armée von Strantz,
  • Chambley:
    • la Artillerie-Flieger-Abteilung 204 ou AFA 204, d'aout 1915 à novembre 1916, au profit du détachement d'armée von Strantz, devient la Fliegerabteilung Artillerie 204 ou FA(A)204 le 30 novembre 1916,
    • la Feldflieger-Abteilung 70 ou FFA 70 au profit du détachement d'armée von Strantz,
  • Briey
    • la Artillerie-Flieger-Abteilung 205 ou AFA 205, d'aout 1915 à octobre 1916, au profit du détachement d'armée von Strantz, devient la Fliegerabteilung Artillerie 205 ou FA(A)205 le 30 octobre 1916,
    • la Feldflieger-Abteilung 7b ou FFA 7b, au profit du détachement d'armée von Strantz,
  • Audun-le-Roman:
    • la Artillerie-Flieger-Abteilung 207 ou AFA 207, d'octobre 1915 à décembre 1916 puis Fliegerabteilung Artillerie 207 ou FA(A)207, le 1er décembre 1916,
    • la Feldflieger-Abteilung 9 ou FFA 9, devient la Fliegerabteilung 9 ou FA 9 le 11 janvier 1917,
  • Longuyon
    • la Artillerie-Flieger-Abteilung 209 ou AFA 209 d'octobre 1915 à décembre 1916, devient la Fliegerabteilung Artillerie 209 ou FA(A)209 le 1er décembre 1916.
  • Boult-aux-Bois
    • la Artillerie-Flieger-Abteilung 211 ou AFA 211, d'octobre 1915 à octobre 1916, devient la Fliegerabteilung Artillerie 211 ou FA(A)211 le 31 octobre 1916.
  • Stenay:
    • la Feldflieger-Abteilung 25 ou FFA 25
    • la Artillerie-Flieger-Abteilung 222 ou AFA 222, puis Fliegerabteilung Artillerie 222 ou FA(A) 222,
    • la Kampfgeschwader der OHL 3 ou Kagohl 3, composée des Kampfstaffeln ou Kasta 13 à 17. Du courrier oblitéré de la Kasta 15 daté de mars 1916, montre qu'elle est à Stenay.
  • Metz:
    • la Feldflieger-Abteilung 71 ou FFA 71,
    • la Flieger-Abteilung 44 Lichbild ou FA 44lb, crée le 13 septembre 1914,
    • le Kampfeinsitzer Kommando KeK Metz ou KeK Metz, sa date de création est inconnue, sa participation n'est pour l'instant pas confirmée,
    • la Kampfgeschwader der OHL 1 ou Kagohl 1, 1e escadre de combat, composée des Kampfstaffeln ou Kasta (escadrille de bombardement) n°1 à 6. La Kasta 2 est signalée sur le front de Verdun en février 1916, et la Kasta 5 à Metz en juin 1916. Ces unités sont équipées de bombardiers Gotha G.IV,
    • la Kampfgeschwader der OHL 2 ou Kagohl 2, composée des Kasta 7 à 12. La Kasta 7 est à Metz en avril et mai 1916. La Kasta 9
  • Jametz Sud:
    • la Flieger-Erzatz-Abteilung 5 ou FEA 5, puis Artillerie-Flieger-Abteilung 203 ou  AFA 203 le 6 aout 1915 puis devient le 1er décembre 1916 la Fliegerabteilung Artillerie 203 ou FA(A) 203. Cachet postal du 12 septembre 1915.
    • le Kampfeinsitzer Kommando KeK Jametz ou KeK Jametz, crée début 1916 comme EKA Jametz, rattaché à la 5e Armée, devient la Jasta 6 le 31 aout 1916. Je n'ai pas encore trouvé sur lesquels des deux terrains, il était positionné.
  • Jametz Nord:
    • la Feldflieger-Abteilung 36 ou FFA 36 puis Flieger-Abteilung 36 ou FA 36 le 11 janvier 1917, encore présent en juillet 1917 (Possibilité que cela soit aussi Juvigny-sur-Loison)
  • Porcher
    • la Fokkerstaffel Porcher, y était présent d'août 1915 à septembre 1916.
    • la Feldflieger-Abteilung 19 ou FFA 19 est arrivé à Porcher le 15 mars 1915. L'unité a été renommée FA(A)279 le 15 février 1917 à la fin de la guerre, à Porcher,
  • Cunel:
    • la Feldflieger-Abteilung FFA 34 y est de 1914 au 15 janvier 1917 ou il devient la FA(A) 265
    • Le Kampfeinsitzer Kommando KeK Cunel, KeK Cunel,
  • la Kampfgeschwader der OHL 4 ou Kagohl 4, dépendant de la 5e Armée, composée des Kasta 19 à 24, a vu quatre de ses escadrilles participer à la bataille de Verdun: la Kasta 19 en mars 1916, la Kasta 21 de février à juin 1916, la Kasta 22 de mai à juin 1916 et la Kasta 23 en juillet 1916. Quant à la Kampfgeschwader der OHL 5 ou Kagohl 5, composée des Kasta 25 à 30, la Kasta 26 est signalée en mars 1916 et la Kasta 30 en avril 1916.(1)
(1) nombre de ces données sont issues de l'excellent ouvrage de Michel Frick, "les unités aériennes allemandes en Alsace-Lorraine (1914-1918) illustrées par les marques de franchise postale militaire", de la SPAL, Association des Spécialistes en marques postales et oblitérations d'Alsace-Lorraine.

Ensuite, ce récit est intéressant, puisqu'on comprend les tactiques mises en place par l'aviation allemande, pour faire barrage à l'aviation française, notamment le fait qu'il semble ne pas y avoir de chasseur isolé, mais plutôt en meute. On note aussi un début de permanence en l'air sur la journée pour assurer les barrages.
 
Poursuivons le : " Telle était la situation aérienne dans l'enfer de Verdun, lorsque Navarre y arriva. Lui qui se lamentait jusqu'alors de ne pas rencontrer d'adversaire allait avoir du travail. Ce fut une volupté pour lui. Il se posa l'espoir et la joie au cœur. La réception, pourtant, ne fut pas chaleureuse. Dans ses déplacements, il n'avait pas de chance ! Mais aussi pourquoi tenait-il toujours à montrer sa virtuosité à des supérieurs qui ne la comprenait pas et pour quelle raison poussait-il le raffinement jusqu'à faire des arrivées en beauté ? Son atterrissage lui procura donc une semonce supplémentaire et des menaces lugubres. Il ne s'en soucia peu. Nos affaires allaient mal. Les combattants étaient inquiets. Le commandement avait mis sa confiance en lui. Il allait agir. Le mécanicien de l'as arriva la nuit en tracteur. Navarre l'attendait avec impatience. Ils couchèrent dans du foin l'un à côté de l'autre et il fut convenu qu'à 3 heures du matin ils iraient préparer l'avion pour que l'envol pût se faire avant le jour ..."
 
  • Au sol:
    • Groupement Chrétien: Samogneux est considéré comme perdu. Dans la nuit, la ligne principale de résistance du bois des Caures est tombée. Le 30e CA dirige 3 bataillons de bataillons du 3e Tirailleurs sur la côte de Talou, 2 bataillons du 35e sur la côte du Poivre. L'artillerie reçoit l'ordre d'écraser Samogneux pour faciliter une contre-attaque. Alors que le général Chrétien planifie celle-ci, à 11h00 la RFV l'avertie que les allemands doivent attaquer en masse la côte 344 et que l'artillerie du général Bazelaire a reçu l'ordre de faire un barrage. L'attaque allemande est enrayée. Du coté de la 51e DI, les allemands effectuent en début de matinée, un tir très violent avec des obus lacrymogènes sur le ravin Nord du bois des Fosses. Un rassemblement important de troupes est signalé à l'Est du bois de la Rappe, au Nord-Est du bois de Wavrille. A 13h00, les allemands débouchent de la Wavrille et attaquent violemment les zouaves et tirailleurs cramponnés à la lisière sud du bois, débordent Beaumont par l'Ouest, progressant en même temps vers le bois de Chaume. Les troupes de la 51e DI perdent Ornes et le bois des Caurrières
    • Groupement Bazelaireles allemands continuent à tirer d'une façon systématique et lente. Le groupent appuie de ses canons le général Chrétien et réussi à briser l'élan des attaques allemandes débouchant de Samogneux sur la côte 344.
      • JMO 7e CA: un groupe d'avions bombardent Dombasles.
    • Groupement Duchêne: Hautecourt, Abaucourt, Broville, ...., la Malacorre placés dans le secteur de 132e DI, sont très violemment canonnés. Les allemands reprennent leur tir sur le pont Dieue-Ancemont.
      • JMO du 2e CA: secteur Sommedieue/Watronville. Notre artillerie est très active et tire sur Étain/Thillot/Saint-Maurice/Chaillon/Varvinay. Les reconnaissances d'avions ne signalent aucun mouvement particulier en arrière des lignes ennemies.
25 février 1916
  • Situation: les allemands occupent Louvemont et Bezonvaux.
  • Mission générale de l'aviation:  
    1. reconnaitre les mouvements et rassemblements ennemis dans les régions Montfaucon, Gercourt, Beaumont, Damvillers, Senon, Spincourt, Étain, Conflans et Vigneulles.
    2. renseigner sur les mouvements d'infanterie de première ligne. Repérage des nouveaux emplacements de batterie,
    3. combattre activement les avions ennemis et empêcher leurs opérations, 
    4. en cas de mauvais temps, voler bas au-dessus de nos troupes.
  • Missions particulières:
    • N 67 et N 23
      1. reconnaissance sur Montfaucon, Dannevoux, Gercourt. Rassemblements, mouvements sur route Malancourt/Montfaucon, Montfaucon/Dannevoux, Dannevoux/Drillancourt, Sivry/Bras. Mouvements sur voies ferrées.
      2. reconnaissance sur Bras, Beaumont, Damvillers. Reconnaitre les mouvements et les rassemblements dans cette région. Mouvements sur voies ferrées à Damvillers.
      3. reconnaissance sur Ornes, Azannes, forêt de Spincourt
      4. barrage sur la région Béthincourt Bezonvaux
    • MF 63: reconnaissance d'infanterie et barrages sur la région Bezonvaux Fromezey. Photographies des travaux nouveaux.
    • MF 72 et MF 218: à la disposition du 2e CA.
    • C 18: à la disposition du 30e CA.
    • C 11
      1. une reconnaissance sur Conflans. Mouvements sur les routes et les voies ferrées de la région. 
      2. reconnaissance sur Vigneulles. Animation de la région.
  • Exécution
    • le mauvais temps a empêché toute sortie. 
    • Neige toute la journée.
      • à Vadelaincourt: N 23, N 67, MF 63, MF 72, C 18, Parc n°11,
      • Bombardement-reconnaissance:
        • MF 218: L'équipage Lieutenant Menj et sous-lieutenant Bergerou change de terrain en passant d'Ancemont à Vadelaincourt. le Sous-Lieutenant Charbonnet fait le trajet de Tilloy à Vadelaincourt. (JMO MF 218)
      • Cie d'aérostiers:
        • 28e d'aérostiers: à Landrecourt,ballon dégonflé suite transport.
        • 31e d'aérostiers: à Gimécourt, vent violent, pas d'ascension.
        • 47e d'aérostiers: la Cie se rend de Verdun à Dugny,
        • 48e d'aérostiers: à Froméréville, pas d'ascension.
        • 52e d'aérostiers: à 2h00, la Cie arrive à Regret, ou elle cantonne. A 7h45, elle reçoit l'ordre de se transporter à Lempire, ou elle arrive à 10h30.
        • 59e d'aérostiers: vent violent, neige. Pas d'ascension. 
Note: apparition de la 48e Cie d'aérostiers et de l'escadrille MF 218, dont le premier équipage est arrivé la veille à Ancemont. Ce jour, un deuxième appareil de l'escadrille arrive avec le sous-lieutenant Charbonnet comme pilote.
 
Les missions du 25 février 1916.
 
  • personnels de l'escadrille N 67:
    • arrivée du 1e Cl Bouchez Georges (il est aussi noté comme arrivant le 28), premier mécanicien de l'adjudant Bucquet,
    • arrivée du 1e cl Provost François, ordonnance.
  • Au sol:
    • Groupement Chrétien: dès la première heure, on apprend que Beaumont qui, hier a été pris et repris, est tombé au pouvoir de l'ennemi cette nuit.... A 8h30, l'artillerie lourde ennemie canonne énergiquement la côte 378 et les abords de Louvemont. Il semble qu'une attaque ennemie se dessine ayant pour point de départ le bois des Fosses. Le général Balfourier commandant le 20e CA, prend à 10h00 le commandement du secteur du 30e CA en remplacement du général Chrétien. La 39e DI, moins l'AD 39 déjà en place, est mise toute en entière à la disposition du général Balfourier, qui reçoit l'ordre du grand commandement de la RFV de tenir à outrance face au Nord. A 11h00, le général de Bonneval, commandant la 37e DI, signale deux attaques allemandes débouchant du bois des Fosses et se dirigeant vers le plateau côte 378, l'autre partant de Samogneux. l'attaque se précise de plus en plus dans la région de Douaumont... les allemands attaquent le fort avec fureur, avec des forces très supérieures, les défenseurs sont obligés de se replier. Les quelques artilleurs à pied qui tiennent le fort détruisent la tourelle de 155 et évacuent la position, quelques uns sont pris, l'ennemi ayant pénétré dans le fort... A 18h40, les 2 brigades de la 37e DI sont en retraite par échelon. La division va se reconstituer à la crête de Belleville. Le grand commandement donne l'ordre de tenir à tout prix la ligne Bras/Douaumont. La situation se complique de ce que le général de Bonneval n'a pas dit à son artillerie a suivi le mouvement et quitté les emplacements. Du côté de la 14e DI, le général Crepey rend compte que la situation est bonne sur son front.
    • Groupement Bazelaire: sauf une tentative de l'infanterie allemande pour se glisser le long de la voie ferrée au Nord de Forges, le groupement n'a toujours affaire qu'à l'artillerie ennemie.
    • Groupement Duchêne: là, au contraire, l'activité de l'artillerie diminue. L'ordre de repli a été exécuté en Woëvre. (JMO RFV)
  • Le général commandant la RFV attire d'une façon particulière l'attention des chefs, à tous les degrés de la hiérarchie, sur la nécessité de dépenser toute leur énergie, les circonstances actuelles leur en font une nécessité absolue. Ils commettraient une trahison envers leurs chefs s'ils n'accomplissaient pas intégralement leur devoir et n'obtenaient pas de leurs hommes le maximum de ténacité. 
  • le général Pétain prend le commandement des troupes de la RFV qui devient la 2e Armée, qui comprend 4 groupements, les 1er, 2e, 3e et 4e groupement Duchêne.(fin du JMO RFV). Le général Pétain commandant la 2e Armée est chargé d'exercer le commandement de la RFV et des forces disponibles sur la rive gauche de la Meuse ou en route pour rejointe. Le général commandant la RFV et son état-major sont mis à sa disposition. La mission de la 2e Armée est d'enrayer l’effort que l'ennemi prononce sur Verdun. Les forces mises à la disposition du général Pétain sont les suivantes:
    • troupes de la RFV:72e DI, 51e DI, 14e DI, 37e DI, 39e DI, 153e DI, 29e DI, 67e DI, 48e DI, 16e DI, 211e et 212e brigade territoriale, 132e DI, 2e CA (3e et 4e DI)
    • troupes envoyées en renfort par le GQG, arrivées ou en route pour rejointe:  
      • 59e DI (dans la zone de la 4e Armée), 
      • 1er CA venu de la 5e Armée dans la région de Souilly, Chaumont-sur-Aire le 25, 
      • 13e CA venu de la 6e Armée, doit débarquer à partir du 25 dans la zone de Sainte-Ménéhould, Villers, Daucourt (26e, 120e), Révigny, Mussey (25e DI),
      • 2e CA venu de la 10e Armée doit débarquer à partir du 26 dans la région Révigny, Bar-le-Duc,
      • 68e DI venue du GAE, doit débarquer le 25 dans la région Ligny, Nançois, Tronville.
La 2e Armée ainsi constituée fait partie du GAC et sera desservie par le DES Bar-le-Duc. D'autre part les forces de la RFV ont été réparties en 3 groupements aux ordres des généraux Bazelaire (sur la rive gauche de la Meuse), Balfourier et Duchêne sur la rive droite.
  • Groupement Balzaire: L'ennemi, comme les jours précédents, continu de bombarder violemment le Mort-Homme et le mamelon d'Haucourt .
  • Groupement Balfourier: tient le front Bras/pente Sud de la côte du Poivre/bois d'Haudromont/le village de Douaumont/le signal d'Hardaumont/Damloup/Eix avec la 37e DI, la 39e DI et la 153e DI, la 31e brigade (16e DI), des éléments des 72e et 51e DI. En réserve, une brigade de la 2e Armée et une brigade de la 48e DI. Le général de la RFV dispose dans la zone du groupement de la 1e DI et une brigade de la 2e DI. L'ennemi continu violemment ses attaques avec bombardements intenses et continus. Il porte particulièrement ses efforts sur le bois d'Haudromont, le village de Douaumont, la croupe d'Hardaumont.
  • Groupement Duchêne: tient le front Fresnes/Manheulles/les villages de pied de côtes avec avancée au bois Feuilla, bois de Moranville, Blanzée. A partir de Fresnes, le front du 2e CA est sans changement. Le général de la RFV dispose dans la zone du groupement d'une brigade du 2e CA. (JMO 2e Armée)

26 février 1916:
 
Jean Navarre et son Nieuport 11 N.576

La date est surprenante sur la photo, Jean est arrivé avec son avion en provenance de la N 48, le 24, son mécano ce 26 février et le Nieuport porterait déjà la première livrée de Navarre. A moins qu'il était déjà ainsi à la N 48.
  • Mêmes ordres que pour le 25 février.
  • Mêmes emplacements pour les escadrilles.
  • Exécution:  
    • Région du 7e CA:
      • 10h30: entre Montfaucon et Gercourt, convoi de troupes peu important, se dirigeant vers Gercourt. Un convoi de 20 camions de Montfaucon sur Malancourt. Un convoi de 20 camions de Montfaucon vers Cuisy. Rassemblements importants de troupes au sud de Cuisy. Les reconnaissances de la MF 72 sont arrêtées par la brume.
      • 13h30: 4 batteries reconnues en action, région de Cuisy, bois de Forges. Pistes très battues entre Drillancourt et le bois de Forges.
      • 14h30: secteur calme. 4 batteries en action. Les avions allemands font barrage au-dessus des lignes allemandes.
      • 15h30: une batterie en action. Secteur calme.
    • Région du 30e CA:
      • animation particulière à Consenvoye. Région de Damvillers très animée. Un régiment de Peuvillers vers Damvillers. Un régiment de Damvillers vers Gibercy. Rassemblements sur la route Damvillers/Etraye. Convoi de 50 camions sur la route Mangiennes/Azannes. Reconnaissance de l'escadrille C 18.(1)
      • 10h00: 4 batteries en action, région de Beaumont. Le pont de Charny-sur-Meuse est détruit. Les côtes de Froideterre et de Douaumont sont fortement bombardées. 
      • 10h30: violent bombardement du ravin sud de Louvemont et de Douaumont. Rencontre de 9 avions entre le Mort-Homme et Verdun
      • 14h45: Violent bombardement du village de Douaumont et du bois d'Hassole. Obus asphyxiant sur Vaux-les-Damloup. Obus fusants le long du canal entre Bras et Belleville. Vu en action:
        • le groupe de la maison forestière de Gremilly,
        • la grosse pièce du bois d'Hingry,
        • la grosse pièce du bois de Muzeray.
      • 15h00: l'activité de l'artillerie allemande est limitée presque entièrement à la région de Douaumont. 3 batteries d'obusiers de gros calibre dans les ravins nord de Beaumont. Barrage fusant assez dense, au nord-est de Bras
      • 15h30: barrage fusant très dense dirigé contre infanterie débouchant de la lisière d'un bois, sud de la côte 316 (1 km Sud-Ouest de Douaumont).
      • 16h40: gros éclatements sur la gare de Charny. Percutant sur la côte de Belleville et de Froideterre. Aucune activité dans Bras. Les batteries de 75, située au carrefour sud de Fleury font un tir extrêmement nourri. Elles sont peu contrebattues.
      • 16h45: une dizaine de pièce en action, en 6335, région de Bezonvaux. Au point 7275, 10 pièces en action. Forte colonne d'infanterie signalée par TSF sur la route d'Ornes à Bezonvaux. L'escadrille MF 63 prend des photographies du nouveau front Nord.(2)
(1): le JMO du 30e CA précise que le général commandant ce CA met à la disposition du 20e CA, l'escadrille C 18, les 28e, 52e et 47e Cie d'aérostiers.
(2): le capitaine Vuillemain et son observateur abattent un Aviatik C dans le secteur des Eparges. Victoire non homologuée.
Aviation militaire, les cahiers manuscrits de comptes-rendus des activités et opérations aériennes des unités rendent compte  que Navarre abat 2 avions dans nos lignes, l'un à Manheulles (2 aviateurs prisonniers), l'autre près de Dieue (2 aviateurs tués). Reconnaissance par 4 avions groupéssignalent convois. Au cours de l'expédition, 3 Aviatik rencontrés sur Vigneulles refusent le combat, 3 autres avions ennemis sont mis en fuite au-dessus de Chaillon. L'un d'eux est contraint d'atterrir. 8 avions lancent sur la gare de Chambly, 15 obus de gros calibre et 17 petits.
    • Région du 2e CA
      • 4 reconnaissances de l'escadrille C 11 sur la région Vigneulles/Conflans signalent calme en arrière des lignes allemandes dans la région sud de Conflans. Nombreuses fumées dans la région de Briey. 2 essais de réglage et un réglage. 2 réglages sur les ponts de Saint-Mihiel. L'escadrille livre 7 combats, le capitaine Vuillemain fait faire demi-tour à deux avions ennemis qui voulaient pénétrer dans nos lignes.
    • Chasse
      • C 18: l'escadrille C 18 livre combat à deux avions ennemis.
      • N 67: l'adjudant Navarre sur monoplace, exécute 4 sorties. Il abat à 10h30 un avion ennemi qui tombe dans nos lignes à Manheulles (les deux aviateurs sont prisonniers). Il en abat un second à 11h45 à 2 kms Nord-Est de Sommedieue, dans nos lignes (les deux aviateurs sont tués).(2)
      • N 23: 5 croisières, 2 protections, 2 combats. Un Nieuport reçoit 5 balles dans l'appareil. 
(2) Ce jour, Navarre réalise le premier doublé de la guerre, avec ses 4e et 5e victoires, cette dernière lui faisant atteindre le statut d'"As".
    • Bombardement/reconnaissance:
      • MF 218: le lieutenant Menj et le sous-lieutenant Olivain vole 1h30, reconnaissance sur Montfaucon.
    • Aérostation:
      • 28e Cie d'aérostiers: pas d'activité.
      • 31e Cie d'aérostiers: visibilité mauvaise. Ascensions de 8h00 à 12h00 à 700m du sous-lieutenant Hoppe et de 14h45 à 16h00 à 600m du caporal Schlumberger : mauvaise visibilité.
      • 47e Cie d'aérostiers: gonflement du ballon.
      • 48e Cie d'aérostiers: brumeux, quelques éclaircies. Ascension de 10h à 17h à 1100m par me maréchal des logis Martinet qui signale une batterie aux coordonnées 271-799.
      • 52e Cie d'aérostiers: note de la 2e armée affectant le ballon de la 52e Cie au secteur n°2 (de la Meuse à Douaumont).
      • 59e Cie d'aérostiers: légèrement brumeux. Ascension de 9h30 à 17h40 de 1000m à 600m du maréchal des logis Mallet
        • 6 pièces de calibre moyen au point 8078. Réglage 200mm train blindé sur point 3036, 4 coups observés,
        • 6 pièces de calibre moyen au point 3132. Réglage 155mm sur le clocher de Montfaucon, deux coups observés,
        • 4 pièces de 77 au point 8378 tirant sur les tranchées au Sud-Ouest d'Haucourt (fusants). Réglage de 105 sur le point 2864,
        • 2 pièces de 150 au point 8079 tirant sur un champ,
        • 4 pièces de 77 au point 8378 tirant sur Malancourt (fusants),
        • 2 pièces de calibre moyen au point 6283 tirant sur le Mort-Homme,
        • 2 pièces de calibre moyen au point 2073 tirant sur le Mort-Homme,
        • 2 pièces de calibre moyen au point 2067 tirant batterie française au bois d'Esnes,
        • 4 au point 8079 tirant sur la lisière Ouest du bois des Corbeaux.
        • surveillance des voies ferrées: 8 trains signalés.
Les missions du 26 février 1916.(3)
 
(3): alors que la N 67 doit couvrir la MF 72 dans le secteur du 7e CA (Malancourt, Mort-Homme, Béthincourt, Forges...), ce que Navarre doit identifier comme "des tours de service", on remarque son indépendance sur la carte, par rapport aux endroits ou tombent ses victimes, plus dans les secteurs des 30e et 2e CA. Le JMO de la 264e Brigade de la 132 DI rend-compte : toute la matinée, Trésauvaux, les Hures, Bonzée sont bombardées. A midi, un avion allemand est abattu entre Manheulles et Bonzée.
  • personnels de l'escadrille N 67:
    • arrivée du 1e Cl Bernard Georges, premier mécanicien de Navarre.
  • Au sol: La 2e Armée est répartie en 4 groupements:
    • Groupement du général Balzaire: entre les lignes Avocourt, Récicourt, Brocourt, Jubécourt, Ville-sur-Cousances, Julvécourt, Ippécourt, Saint-André, Deuxnouds, Amblaincourt, Marat-la-grande, Vavincourt à l'Ouest et la Meuse à l'Est. Il comprend la 29e DI, la 67e DI, une brigade de la 48e DI, la 38e brigade du 10e CA, le QG est à Dombasle, le PC à Froméréville. La journée est plutôt calme.
    • Groupement du général Guillaumat: entre la Meuse à l'Ouest et la ligne Douaumont (village), route de Fleury-devant-Douaumont à Verdun, Lemmes, Vadelaincourt à l'Est. Il comprend la 39e DI du 20e CA et la 1e DI du 1er CA. Une forte attaque allemande est repoussée dans la région de la ferme d'Haudromont, Hardaumont sauf à la redoute  d'Hardaumont ou l'ennemi réussi à prendre pied.
    • Groupement du général Balfourier: entre les limites Est du groupement Guillaumat et la ligne Hautecourt, Eix, fort de Moulainville, Haudainville, Dugny, Senoncourt, Souilly. Il comprend la 153e DI du 20e CA, une brigade de la 48e DI, une brigade la 16e DI, la 14e DI, la 2e DI et temporairement la 212e brigade territoriale.
    • Groupement du général Duchêne: à la limite Sud du groupement Balfourier à la ligne Sud: les Paroches, Fresnes-au-Mont, Rupt-devant-St Mihiel sur laquelle se fait la liaison avec la 1e Armée. Il comprend les 132e DI, les 3e et 4e DI (2e CA), une brigade de la 16e DI, la 211e brigade territoriale, la 68e DI qui doit débarquer le 26. Le QG est à Dieue.
    • Les éléments mis à la disposition du général Chrétien commandant le 30e CA au moment de l'attaque des allemands sur le front Nord de Verdun (51e DI, 37e DI, 72e DI) sont groupés, après avoir été retirés du front dans la région Belleville, Regret, Landrecourt
    • parmi les troupes mises à la disposition du général Pétain : la 27e DI sera en place le 27, la 120e DI est déjà en place sera remplacée par le 26e DI à partir du 28, la 59e DI sera transférée dans la zone du groupement Guillaumat le 27, le 21e CA.
Poursuivons le récit de Jacques Mortane, après que Navarre et son mécano aient convenu de se lever à 3h pour aller préparer l'avion, et pouvoir décoller avant le jour, pour leur première journée au sein de la N 67: C'était le 26 février, journée historique pour l'aviation. Navarre prend le départ. Bientôt, la vision si souvent attendue vainement se précise devant lui: trois ennemis arrivent à faible hauteur, convaincus qu'ils n'ont rien à redouter à une heure aussi matinale et qu'ils peuvent espérer avec la même tranquillité que les jours précédents: Apprenons-leur, pense Navarre, que quand je me lève tôt, ce n'est pas pour rien. Il fonce. Abasourdis par cette attaque inattendue, les trois appareils font demi-tour, déclinant le combat. Le français se lance à leur poursuite, cherchant à rejoindre l'avion de queue. Le pilote, se rendant compte qu'il ne peut échapper à son destin et que la résistance lui serait fatale, n'hésite pas à demander grâce de la main et à descendre sur le fort de Rozières. Ignorant le jalonnement exact des lignes, Navarre n'ose pas le suivre pour capturer l'équipage. Prudemment, il rentre à l'escadrille, faisant remuer ses ailes de droite, et de gauche, selon son habitude, pour manifester sa joie et avertir qu'il a remporté une victoire. Il atterrit. Il est heureux. Oui, mais voici son chef d'escadrille, le capitaine Villepin, qui surgit, rouge de colère : 
"de quel droit êtes-vous parti sans ordre! Ce n'est pas la pagaille, ici! il faut vous conformer au tour de service, sans quoi vous aurez de mes nouvelles! Qu'est-ce que c'est que ce genre d'indépendance? Je vous materai!" 
 
La douche après la félicité! Le procédé n'était pas celui qui convenait au genre du pilote. 
"Je suis envoyé ici pour descendre des avions, répondit-il, je tâche d'en abattre. A moins de leur donner rendez-vous là-haut, je ne vois guère l'intérêt du tour de service!"
"Vous n'avez ni à juger, ni à discuter. C'est la consigne !"
"En ce cas, si je m'y étais conformé, il y'aurait un ennemi de plus de l'autre côté"
"Comment cela?"
"J'en ai abattu un tout à l'heure. Ce n'était donc pas une sortie intempestive!"
"C'est bien vite dit qu'on a remporté une victoire. Qu'est-ce qui me le prouve ?" 
"Téléphonez!"
"Le téléphone est coupé"
"Hé bien! Soyez patient, vous l'apprendrez avant longtemps." 
La discussion s'arrêta sur ces mots et l'officier vexé battit en retraite. Sans plus se soucier des interdictions, Navarre demande à son mécanicien de faire le plein d'essence. Pendant que l'on discutait sur le terrain pour savoir l'ordre et la marche du cortège du fameux tour de service, neuf avions ennemi arrivent au-dessus du champ.
"Je me donne l'ordre de prendre un tour de service!" s'écrie le pilote ironiquement. Et il décolle, emportant sur mon cœur, me précisa t-il, une petite poupée aux yeux basculeurs. Cette mascotte, à laquelle je tenais beaucoup, avait les yeux mobiles: lorsque j'étais sur le dos dans le looping, elle les fermait et, quand je redressais, elle les rouvrait, comme sortant d'une extase"
Cette fois encore, devant l'arrivée de l'avion rouge(1), les aviateurs allemands se hâtent d'accomplir leur mission de bombardement et s'en vont. Navarre en rejoint un qui lance ses projectiles sur Ancemont. L'adversaire vire, accepte le combat et tire courageusement. Le français approche encore pour ne pas perdre ses balles inutilement. Il lance une rafale. Après les 5 premières balles, la victime exécute un renversement et se met sur le dos. L'As croit à une acrobatie volontaire pour s'échapper. Ce n'est pas une feinte. Le renversement se continue par une glissade, les roues en l'air, jusqu'au sol ou l'avion va s'écraser dans un bois. "Cette descente, me dit Navarre, me donna l'idée d'essayer à mon tour des glissades sur le dos, numéro qui manquait à mon répertoire et que j'y ajoutait aussitôt. L'ennemi que je cherchais à abattre par ce procédé faisait une drôle de tête en me voyant ainsi arriver à l'envers. Il se demandait ce qui me prenait, réfléchissait sans comprendre... et je n'avais plus qu'à l'assaillir sans qu'il ait eu le temps de se rendre compte." Cette originale tactique de grand virtuose réussit à plusieurs reprises à notre héros. Tel fût le combat, selon le vainqueur .... Le Héros, après avoir constaté la chute définitive de son antagoniste, piqua et alla atterrir dans une clairière, à la lisière du bois ou il avait vu tomber l'appareil. Il ne voulait pas perdre le bénéfice de son second succès de la journée, le premier doublé de la guerre. Des Spahis étaient cantonnés à cet endroit. Ils entourèrent le pilote et l'acclamèrent avec encore plus d'enthousiasme lorsqu'ils constatèrent qu'il était seul à bord. Ils ne pouvaient pas imaginer qu'un homme pût à la fois manœuvrer l'avion et la mitrailleuse. Navarre leur semblait un être surnaturel. L'un d'eux le prit en croupe sur son cheval et le conduisit à l'endroit ou le drame s'était produit. Les tirailleurs avaient déshabillé l'équipage, tué sur le coup. Combinaisons, uniformes avaient été retirés en hâte. Un soldat noir tendit au pilote un morceau de tunique tout ensanglanté: "pour toi, souvenir". Navarre faillit lui sauter à la gorge. Sur le moment, m'expliqua t'il, je fus écœuré et je refusais avec colère. Non, non, c'était déjà assez d'avoir tué ces malheureux, je ne voulais pas emporter un témoignage aussi tragique. Mais je me rappelai le capitaine de Villepin Saint-Thomas, apôtre du tour de service pour les autres, et je me décidai à prendre cette loque sanglante à son intention. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de songer aux larmes que là-bas, chez l'ennemi, ou l'on a tout de même un cœur et des yeux pour pleurer, ferait couler mon acte sanguinaire. Il est vrai que, de nous deux, il fallait que l'un tombât. J'aimais mieux, tant qu'à faire, que ce ne fut pas moi! Navarre salua les cadavres allemands, et après s'être assuré que l'état-major s'occupait de leur sépulture, rentra à l'escadrille. Il demanda à parler à son chef d'escadrille, dans l'attente d'une nouvelle avalanche d'imprécations et prêt à répondre comme il convenait, preuves en main. Mais le capitaine n'était plus là ! Il avait été limogé en hâte, ce qui fit dire au héros : mon doublé devient presque un triplé! A la suite de ces deux victoires, Navarre fit l'objet d'un communiqué officiel du 26 février 1916:"aujourd'hui, dans la région de Verdun, l'adjudant Navarre, sur avion monoplace, a abattu à coup de mitrailleuse deux avions allemands, ce qui porte à cinq le nombre des avions ennemis abattus par ce pilote. Les appareils ennemis sont tombés dans nos lignes. Deux aviateurs qui les montaient ont été tués, les deux autres ont été faits prisonniers". C'était la première fois que le nom d'un chasseur était cité au communiqué. Navarre inaugurait le palmarès des As (4). Une palme nouvelle s'ajoutait à sa Croix de Guerre avec ce motif: " pilote incomparable de courage, d'adresse et d'énergie. Le 26 février 1916 a réussi à battre deux avions ennemis dans nos lignes"

Notes: Ses premières victimes sont faites prisonnières dont l'Oberleutnant Heinrich Kempf, observateur de la Kasta 4 du Kagohl 1 et l'Unteroffizier Drago Drewniak (5), pilote. Le second équipage abattu était composé du Leutnant Georg Heine, pilote et du Leutnant Alfons von Zeddelman, observateur, de la Kasta 21 du Kagohl 4. Il furent d'abord enterré au cimetière provisoire du Marquenterre, le long de la tranchée de Calonne, puis après la guerre, au cimetière allemand de Vaux-les-Palameix
 
(1): le 26 février, Jean Navarre vole avec le Nieuport 11 N.576, il n'est pas rouge.
(2): Spahis, Tirailleurs. Je n'ai toujours pas réussi à identifier l'unité.
(3): il est plus que probable que Navarre n'ait rien à voir avec le départ du capitaine de Villepin. Jean, n'étant présent à l'escadrille que depuis 2 jours, souvent en vol, il n'a pas encore perçu la vie de l'escadrille. Ainsi le successeur du capitaine de l'escadrille, le capitaine de Saint-Sauveur est déjà arrivé le 22 février et le CCC montre que de Villepin est parti pour Avord le 24 février, le jour de l'arrivée de Navarre. Toutefois, si ces échanges ont bien eu lieu, ils contiennent déjà tous les ingrédients de deux manières différentes de mener la guerre, qui mèneront à la scission de 1933.
(4): le premier à atteindre le score de 5 victoires est en fait Adolphe Pégoud.
(5): mention faite de Drago Drewniak sur le site The Aerodrome.

Les tombes de Georg Heine et Alfons von Zeddelman.


Documents édités par la Croix-Rouge.

Le document évoque une chute d'avion.


Heinrich Kempf fut interné en Suisse.

Etrangement, ici aussi est fait mention d'une chute d'avion.


27 Février 1916
  • Situation: les allemands occupent le nord de la côte de Talou, le sud de Louvemont, Douaumont.
  • Missions générales de l'Aviation
    1. Mouvements sur les routes et voies ferrées venant du Nord et du Nord-Est. Y'a t'il des déplacements de troupes d'une rive à l'autre de la Meuse? Importance des parcs et bivouacs de l'arrière front. Déterminer si possible, en gros, les fronts de combats,
    2. Photographies du front,
    3. Attaquer les avions ennemis et empêcher leurs réglages et opérations.
  • Missions particulières: 
    • N 67 et N 23
      1. Romagne-sous-Montfaucon, Dun, vallée de la Meuse,
      2. Ornes, Spincourt, Étain, Fresnes,
      3. Escorte et chasse(1). 
(1): la notion de chasse pure apparait de plus en plus clairement.
    • MF 63
      1. Photographies de Champs, côte de Talou, Louvemont et Sud de Louvemont,
      2. Louvemont, fort de Douaumont, Vaux-devant-Damloup,
    • MF 72 et MF 78 (2)
      1. Photographies du bois de Malancourt, Cuisy, Nord de Béthincourt, bois des Forges,
      2. à la disposition du 2e CA,
(2): la N 78 n'étant pas encore crée, il doit s'agir de la N 218
    • C 18:
      1. Reconnaissance sur Sivry-sur-Meuse, Damvillers, Ornes,
      2. à la disposition du 20e CA,
    • C 11:
      1. Photographies de la ligne Damloup, Moranville, Ville-en Woëvre, Fresnes-en-Woëvre,
      2. à la disposition du 20e CA.
Les missions du 27 février 1916.
    • 28e Cie d'aérostiers: le ballon se transport aux Sartelles. Gonflement du ballon.
    • 31e Cie d'aérostiers: visibilité moyenne. Ascension de 9h00 à 13h00 à 1400m du caporal Schlumberger, de 13h00 à 14h30 à 1000m du sous-lieutenant Hoppe, puis de 14h30 à 16h30 à 500m de l’élève Duval
    • 47e Cie d'aérostiers: installation des liaisons téléphoniques, visite des voitures et du matériel.
    • 48e Cie d'aérostiers: brumeux. Ascension du sous-lieutenant Guillotin de 16h30 à 17h30 à 800m qui signale deux batteries aux coordonnées 265-778 et 259-784.
    • 52e Cie d'aérostiers: ordre reçu de l’état-major du 1e Corps d'Armée: la Cie cantonnera au fort de Regret. Elle cherchera un poste d'observation dans le ravin du champ de tir au sud de ce fort. 14h15, départ de la Cie, arrivée à Regret à 17h15. On commence immédiatement le gonflage du ballon. A 23h30, on doit interrompre le gonflement, les voitures tubes étant vides.
    • 59e Cie d’aérostiers: neige, brume jusqu'à 16h00. Ascension de 16h à 18h à 700m du maréchal des logis Mallet:
      • 4 pièces de calibre moyen au point7792,
      • 2 pièces de 77 au point 5994, contre avion,
      • 2 pièces de 105 au point 9372 tirant sur l'Ouest de Béthincourt,
      • 4 pièces de moyen calibre au point 8079 tirant sur le Sud-Ouest du Mort-Homme et le bois des Corbeaux,
      • 4 pièces de 77 au point 6283 tirant sur l'Ouest de Béthincourt,
      • 2 pièces de 77 au point 2574 tirant sur l'Ouest de Béthincourt,
      • 2 pièces de 77 au point 1239 tirant sur le Nord d'Esnes (fusants),
      • 2 pièces de 77 au point 2066 tirant sur Esnes par salves de 2 coups,
      • 2 pièces de 77 au point 1572,
      • 2 pièces de 77 au point 9372,
      • 2 pièces de 77 au point 8079,
      • 2 pièces de 77 au point 6283,
      • surveillance des voies ferrées.
  • les personnels de la N 67:
    • arrivée du sous-lieutenant Perreti, pilote détaché de la N 3.
    • arrivée de l'adjudant Houssemand, pilote détaché de la N 3. 
    • le sergent Vergnieault, conducteur part en stage chez Nieuport.
  • Au sol
    • La RFV est dissoute et remplacée par la 2e Armée. Le service aéronautique de la 2e Armée fonctionne à Souilly à la date du 27 février.(JMO RFV). Peu d'activité ennemie sur la rive gauche dans la nuit du 26 au 27. Dans la journée la côte de l'Oie est violemment bombardée. Sur la rive droite, la division à l'Est, du général Guillaumat est fortement canonnée. Après un bombardement continu sur nos positions au Nord de Verdun, l'ennemi prononce à 17h à l'Est du fort de Douaumont, une forte attaque qui est repoussée. En Woëvre, l'ennemi poursuit son avancée, bombarde le fort de Moulainville, attaque la côte 255.(JMO 2e Armée).
    • dans la matinée, on signale le passage d'une escadrille d'une vingtaine d'appareils. Dans l'après-midi, des avions ennemis règlent des tirs sur les batteries d'Esnes. Peu d'activité de l'aviation française dans notre secteur. (JMO 29e DI)(3)
(3): visiblement la hiérarchie de la 29e DI semble suggerer le manque de présence de l'aviation de chasse française dans son secteur du front Nord, de Malancourt, Mort-Homme, Béthincourt à Forges sur Meuse. Pourtant, il semble bien d'après la carte que la totalité des escadrilles opèrent majoritairement sur le front nord. On remarque que les deux escadrilles de chasse sur Nieuport, les N 67 et N 23, évoluent dans la zone centrale que constitue la vallée de la Meuse, prêtent à assister les MF 63, MF 218, MF 72, C18 et C 11.

28 février 1916:
  • Bombardement-reconnaissance:
    • MF 218:(1)
      • lieutenant Menj et sous-lieutenant Bergeron: vol d'1h30, reconnaissance sur Avocourt,
      • sous-lieutenant Charbonnet et aspirant Engelhardt: essai de réglage.
    • Les personnels de la N 67:
      • arrivée du soldat de 1e classe Bouchez Georges de la N 3, mécanicien de l'adjudant Bucquet et détaché à la N 67,
      • arrivée de l'adjudant Houssemand, pilote de la N 3, détaché à la N 67,
Autant les JMO des Services Aéronautiques de la RFV permettaient de connaitre l'activité de son aviation, autant la transformation de la RFV en 2e Armée ne fournit quasiment plus rien sur l'activité de l'aviation.
  • Aérostation:
    • 28e Cie d'aérostiersVent. Ascension de 9h00 à 14h50 du Sergent-Major Cotentin qui signale 4 pièces de petit calibre à l'Ouest de Beaumont au point 0262 et 3 autres de petit calibre à l'Ouest de Beaumont au point 9960. Quatre bombardements et quatre Drachen sont signalés.
    • 31e Cie d'aérostiers: vent fort de 14m. Ascensions de 8h30 à 11h30 à 850m du caporal Schlumberger et de 12h00 à 13h00 à 800 du maitre-ouvrier Alexandre.  
    • 47e Cie d'aérostiers: vent fort d'Ouest. Ascension de 7h à 15h00 à 1100m du sous-lieutenant Courtay: aucune observation intéressante n'a pu être effectuée en raison de l'instabilité de la nacelle due à la grande force du vent.
    • 48e Cie d'aérostiers: temps clair. Ascension de 7h30 à 17h30 à 1000m du sergent Mathieu qui signale une batterie de 105 (307-762), une batterie de 150 (301-759) qui tire sur le Sud de Douaumont, une batterie (283-771).
    • 52e Cie d'aérostiers: reprise du gonflement,lequel est terminé à 13h00. Ascension: de 13h30 à 15h00 à 900m, sergent Voltz: le vent violent empêche toute observation.
    • 59e Cie d'Aérostiers: nuages, vent. Ascension de 8h00 à 15h45 de 800 à 925m du maréchal des logis Mallet, observation gênée par la brume et la violence du vent:
      • 2 pièces de 77 au point 5994 contre avion,
      • 2 pièces de 100 au point 2183,
      • 4 pièces de moyen calibre au point 8378,
      • 4 pièces au point 8079 tirant sur la rive droite de la Meuse.
  • Au sol: le général Pétain prend sous son commandement les 2e et 3e Armée et relève directement du général en chef. Dans la nuit du 27 au 28, l'artillerie ennemie continue de bombarder la droite et le centre du secteur. Les attaques allemandes renouvelées sur la côte 255 (Sud-Est d'Eix)sont repoussées. A 11h00, une reconnaissance d'avion signale une certaine activité dans la région Vigneulles - Creuë.(JMO 2e Armée)

29 février 1916:
  • Bombardement-reconnaissance:
    • MF 218:sous-lieutenant Charbonnet et aspirant Engelhardt, vol d'une heure, reconnaissance sur Douaumont, Étain
  • Aérostation
    • 28e Cie d'aérostiers: Vent violentAscensions à 800m du Maréchal des Logis Gireaud, de 6h15 à 7h20, de 8h55 à 9h45 puis de 10h50 à 14h45. Six bombardements signalés.
    • 31e Cie d'aérostiers: vent violent de 17m, brume. Pas d'ascension.
    • 47e Cie d'aérostiers: vent fort d'Ouest, brume. Ascension du sergent Cahon de 9h00 à 17h15 à 1100m qui signale une batterie de quatre pièces de petit calibre (coordonnées 39.100-69.600) et un autre (33.600-71500) tirant sur le Nord du bois de Vaux-Chapitre.
    • 48e Cie d'aérostiers: jusqu'à 15h: mauvaise visibilité. Ascension de 11h15 à 17h30 à 800m du sous-lieutenant Guillotin qui signale une batterie (181-808), une batterie (239-805) tirant sur le Sud de Forges, une batterie (198-795) tirant sur le Sud de Chattancourt, une batterie (183-779) tirant sur le Nord du bois Bourrus, une batterie (189-775) tirant sur la fontaine de la Noire-Epine
    • 52e Cie d'aérostiers: brume légère, vent violent. Ascension de 10h50 à 17h30, à 1000m, du sergent Gauthier :
      • batterie au point 6490, Sud du bois de Consenvoye
      • batterie au point 0259, Ouest de Beaumont
      • signale des tirs fusants intenses: route de Bras à Belleville, région de la ferme de la Folie (Sud de Bras), village de Fleury et caserne Marceau
    • 59e Cie d'aérostiers: nuages et brume. Ascension de 11h30 à 17h30 à 850m du maréchal des logis Mallet, observation gênée par la brume:
      • 2 pièces au point 225-765 tirant sur Esnes. Réglage de 4 pièces de 150 tirant sur le point 225-765, 1 coup observé,
      • 2 pièces au point 122-772 tirant sur les tranchées françaises à l'Est du bois de Montfaucon,
      • 2 pièces de 105 au point 121-783, tirant contre avion,
      • 1 pièce de 150 au point 183-778 tirant sur Esnes,
      • 4 pièces de 77 au point 188-786 tirant sur le Mort-Homme
      • 4 pièces de 77 au point 162-783 tirant sur les tranchées françaises de Haucourt, l'artillerie française au Nord-Ouest d'Esnes, Mort-Homme, Chattancourt
      • 4 pièces de 77 au point 180-779, mêmes objectifs,
      • 4 pièces de 77 au point 181-778, mêmes objectifs,
      • 4 pièces de 77 au point 183-778, mêmes objectifs,
      • 4 pièces de 77 au point 193-772, mêmes objectifs,
      • 2 pièces de 77 au point 122-792 tirant sur Haucourt. 
  • Personnels de l'escadrille N 67:
    • le 2e Cl Daum, premier mécanicien de Casale, retourne à la N 23.
    • départ du 1e Cl Casale, pilote,à la MS 23,
    • le 2e Cl Peyrot, premier mécanicien, retourne à la N 23, 
    • le maréchal des logis Dery, pilote, retourne à la N 23,
    • arrivée du sous-lieutenant Hudelet, pilote.
  • Au sol: dans la journée, sur la rive gauche de la Meuse, le bombardement est un peu moins intense. Sur la rive droite, après un bombardement intense, plusieurs attaques sur la région de Douaumont sont repoussées. Les reconnaissances d'avions envoyées dès le jour sur la Woëvre signalent de gros mouvements sur les routes. Une file ininterrompue sur la route Mars-la-Tour à Manheulles se dirigeant vers Pintheville qu'ils ne dépassent pas. Aucune animation dans la région Saint-Maurice, Vigneulles, tranchée de Calonne.(JMO 2e Armée)